A - I n f o s
a multi-lingual news service by, for, and about anarchists

News in all languages
Last 30 posts (Homepage) Last two weeks' posts

The last 100 posts, according to language
Castellano_ Català_ Deutsch_ English_ Français_ Italiano_ Português_ Russkyi_ Suomi_ Svenska_ Türkçe_ All_other_languages
{Info on A-Infos}

(fr) Compte-rendu de la journée d'action du 20 avril à Québec

From mbubuv@yahoo.com
Date Sun, 22 Apr 2001 05:03:10 -0400 (EDT)


 ________________________________________________
      A - I N F O S  N E W S  S E R V I C E
            http://www.ainfos.ca/
 ________________________________________________

Sommet des Amériques :

*LE CARNAVAL CONTRE LE CAPITALISME EST UN FRANC
SUCCÈS!*

*DÉBANDADE EMBARASSANTE DE L'OPÉRATION
ULTRASÉCURITAIRE!*

*VAGUE D'ARRESTATIONS*

Québec, le 20 avril 2001. Contre toute attente, la
plus importante opération de sécurité de l'histoire du
Canada accompagnée d'une vaste campagne
d'intimidation, s'est révélée impuissante à étouffer
l'opposition de rue au Sommet des Amériques!!! 

Malgré leurs 6500 flics (incluant 1500 affectés à
l'anti-émeute), leurs 1200 militaires, leurs dépenses
d'au moins 70 millions $ en mesures de sécurité, il
n'aura fallut qu'un seul manifestant bien déterminé,
épaulé par une poignée de camarades, pour faire chuter
un pan complet de la clôture sur la rue René
Lévesque!!! Depuis le milieu de l'après-midi, la
clôture de 4 km qui ceinture le périmètre de sécurité
a été attaquée sur quatre fronts, soit sur le
boulevard René-Lévesque, la côte d'Abraham, la rue
Dufrain et la Grande Allée. C'est ainsi plus de 100
mètres de distance de la clôture furent abattus par
les opposantEs à quelques pas du Centre des congrès. 

Sur la rue Dufrain, des manifestantEs réussirent à
provoquer l'écroulement d'une portion de la clôture à
l'aide de cordes mais décidèrent de ne pas pénétrer
dans le périmètre vue leur manque d'équipement pour
affronter des forces policières armées jusqu'aux
dents. Environs 300 protestataires se sont relayéEs
pour lancer des vagues d'assauts contre les lignes de
l'escouade anti-émeute. Des projectiles, surtout
légers, mais incluant aussi d'occasionnels cocktails
Molotov, furent lancés contre les escouades
anti-émeute de la SQ (Sûreté du Québec). Des stations
de radio telles que CHRC et CHOI ont permit de suivre
à la minute près le déroulement des manifestations de
la journée.

Devant tant de grabuge, la cérémonie officielle
d'ouverture du Sommet des Amériques, qui devait
débuter à 18h30 , a dû être retardée d'au moins une
heure!! D'autres activités prévues dans le cadre du
Sommet, telle que la rencontre entre le premier
ministre canadien Jean Chrétien et le président du
Chili Ricardo Lagos, ont été carrément annulées. Les
nuages de gaz lacrymogènes ont enveloppés la
haute-ville, empoisonnant les dignitaires et obligeant
les autorités à verrouiller et sceller les édifices où
se déroulent les travaux du Sommet, de même qu'à
interdire l'accès au périmètre à tout véhicule.

Sur l'heure du souper, les journalistes accrédités
étaient devenus carrément prisonnierEs du Centre des
congrès, où se déroule le Sommet des Amériques, les
policiers leur refusant l'accès à l'extérieur, donc, à
leur salle de presse. En effet, vue la débandade
complète de l'opération ultrasécuritaire, il est clair
que les flics et le gouvernement n'ont pas du tout
intérêt à ce que ces événements puissent être
rapportés à temps pour les dates de tombées des
bulletins d'information des grands réseaux de
télévision. 

Sur l'heure du souper, l'exaspération des journalistes
est à point tel qu'ils ont tenus une manif improvisée,
à l'intérieur du périmètre de sécurité, en bloquant
temporairement un convoi de véhicules de la GRC
(Gendarmerie Royale du Canada)! Parallèlement à cela,
plusieurs véhicules des réseaux de télévision furent
aussi vandalisés par des manifestantEs et un
journaliste de TVA a été blessé à la tête par le jet
d'une bouteille. 


Déroulement du Carnaval contre le capitalisme

Environs 5000 personnes étaient présentes au
rendez-vous, à l'Université Laval, à Sainte-Foy, sur
l'heure du midi, pour participer au Carnaval contre le
capitalisme organisé conjointement par la CLAC
(Convergence des Luttes Anti-Capitalisme), de
Montréal, et la CASA (Comité d'Accueil du Sommet des
Amériques), de Québec. La CLAC et la CASA sont des
organisations à tendance anti-autoritaires favorables
à la diversité des tactiques. Ainsi, la journée
d'action du 20 avril a prévu trois différentes zones
verte-jaune-rouge, selon le degré de risque des
actions (vert étant les manifs à risque minimal, jaune
à risques à niveau intermédiaire, rouge à hauts
risques).

La foule était très diversifiée, comprenant à la fois
des jeunes et des moins jeunes, des anarchistes
parfois bien équipés (casques, boucliers, masque à
gaz, etc.) parfois non, des maoïstes avec leurs
drapeaux rouge, des contestataires sans allégeance
politique définis, des étudiantEs, un groupe de
cheer-leaders radicales, etc. Les éléments combatifs,
toutes tendances confondus sont estimés à 200, 300
personnes. Parmi les attractions les plus populaires
du Carnaval, mentionnons une magnifique catapulte
(grandeur nature!). Pour vous donner une idée de la
grosseur de la foule, celle-ci s'allongeait sur
distance de 15 coins de rues. 

Aussi présent sur les lieux, le GOMM (Groupe Opposé à
la Mondialisation des Marchés), une coalition
d'associations étudiantes et de syndicats apparemment
sous l'influence du PDS (Parti de la Démocratie
Socialiste, ex-NPD-Québec). Peu après le départ de la
marche, les militantEs du GOMM ont tentéEs de
détourner le Carnaval pour lui imposer leur propre
parcours, une tentative qui a finalement échouée
lorsque les activistes de la CLAC et de la CASA ont
découvert le coup fourré, donnant ainsi lieu à une
confrontation verbale qui aurait pu, mais n'a pas,
dégénérée en bagarre.  

Sur la route, la présence policière se limite à
diriger le trafic. Des manifestantEs s'en sont parfois
prit aux autopatrouilles : un activiste a été vu en
train de dégonfler un pneu, un autre véhicule policier
a été décoré d'un graffiti (" fuck you ", classique,
mais efficace). L'incident le plus sérieux a été
lorsqu'un flic a reçut un coup de poing en pleine sale
gueule par ce qui semblait être un anarchiste cagoulé,
vers 15h00. Le flic a sorti son arme à feu mais ne l'a
pas dégainée, lorsqu'il s'est aperçut que la scène
faisait l'objet de l'attention de photographes.

À un moment au cours de la marche, les participantes
se sont vus offrir la possibilité de soit tourner à
gauche pour se rendre à l'îlot Fleuri, pour une fête
de rue avec DJ (zone verte), ou encore continuer tout
droit sur René-Lévesque pour aller manifester devant
le périmètre (zone jaune). Quant aux zones rouges,
elles n'avaient pas d'endroits précis, mais on pouvait
supposer que les actions rouges se dérouleraient à
l'intérieur de la zone jaune. La majorité des
participantEs, environs 4000 personnes, ont optées
pour continuer jusqu'au périmètre.

Rendu là, un manifestant est monté sur la clôture, sur
René-Lévesque, et s'est mit à la faire balancer. Avec
l'aide d'une poignée d'autres camarades, un pan entier
de la clôture a foutue le camps dans le temps de le
dire sous les hurlements triomphalistes de la foule en
délire. Il est environ 15h30. Une trentaine de flics
anti-émeute sont présents de l'autre côté et
répliquent en tirant des grenades lacrymogènes, qui
sont aussitôt relancés dans leur direction.
D'ailleurs, le vent pousse dans la direction de la
flicaille, limitant ainsi l'efficacité de leurs gaz.
Des manifestantEs pénètrent à l'intérieur du périmètre
sur une distance d'environs dix mètres et sont suivis
par la catapulte qui bombardent l'escouade anti-émeute
d'oursons en peluche!!!

Durant environ une heure et demi, des projectiles
surtout légers, mais aussi quelques pavés, volent en
direction des flics, qui eux, font parfois semblant de
charger la foule, provoquant certains mouvements de
panique, mais s'arrêtent pas loin. La stratégie
policière consiste essentiellement à regagner mètre
par mètre le territoire aux mains du Carnaval. 

Un des événements les plus déterminants sera
l'apparition de deux monstrueux camions équipés de
canons à eau. Il s'agit de véhicules gigantesques que
l'ont retrouvent habituellement sur les aéroports et
sur lesquels le mot " POLICE " a été inscrit en
grosses lettres. Les deux mastodontes se sont mis à
avancés parmi les manifestantEs et, après un court
moment d'hésitation incrédule, la réplique ne s'est
pas fait attendre. 

Un manifestant a commencé par installer une banderole
sur le canon, situé au devant du véhicule. Puis,
d'autres protestataires se sont mis à assaillir le
camion de coups de bâtons. La fenêtre côté conducteur
a rapidement été fracassée, ce qui entraîné
automatiquement l'envoi d'un puissant jet d'eau en
direction de la foule. Encore là, ce fut la débandade
totale pour la SQ, les mastodontes ont fuit
honteusement sous les huées hostiles aussi vite qu'ils
étaient apparut. Hourra!


Fête populaire sur la rue Saint-Jean

À un coin de rue au sud du champs de bataille se
déroulait une fête populaire organisée par le Comité
Populaire Saint-Jean Baptiste. Débutant à midi, avec
la présence de quelques centaines de personnes sur
place, l'affluence a grossit pour atteindre pour
atteindre plusieurs milliers de personnes répandues
sur une distance de 9 coins de rue dans le courant de
l'après-midi. 

De nombreux commerces décorèrent leurs vitrines avec
des posters annonçant la création d'une " Zone de
Libre-Expression ". Quant à la clôture, elle fut aussi
décorée de toute de pancartes, tissus colorés, au
point où il restait peu d'espace où accrocher des
trucs dessus. Plusieurs messages à la craie furent
inscrits un peu partout sur les trottoirs et des
pierres tombales signifiant la mort (?) de la liberté
d'expression était disposée à plusieurs endroits.

Vers 15h00, le Collectif de résistance ludique a
organisée une action rigolotte consistant à lancer
trois tonnes de rouleaux de papier de toilettes
au-dessus de la clôture à l'intérieur du périmètre de
sécurité, afin de permettre aux dignitaires du Sommet
des Amériques de ramasser toute la marde qu'ils vont
faire avec leur ZLÉA. Certains flics, visiblement
blasés, ont répliqués en relançant quelques rouleaux
aux participantEs à la fête populaire.

Bien que la présence policière sur la rue Saint-Jean
est demeurée quasiment inexistante tout le long de
l'après-midi, les responsables du Comité conseillèrent
aux parents accompagnant leurs enfants de commencer à
quitter les lieux. C'est que le vent risquait de
repousser les vapeurs de lacrymos dans la zone verte
et ainsi incommoder les personnes en bas âges. À ce
moment-là, un gros nuage de lacrymos était visible à
partir de la rue Saint-jean. D'ailleurs, plusieurs
combattantEs usèrent de la zone verte comme une aire
de repos, relaxant une demi-heure le temps de
reprendre pour retourner sur le front pour résister
aux flics. 


Répression

C'est peu après cette annonce qu'une équipe de cinq
agents en civil déguisés en manifestants procédèrent à
l'arrestation, qui ressemblait en fait à un
kidnapping, de l'organisateur le plus connu, et le
plus criminalisé de la CLAC, Jaggi Singh. Les gros
porcs lui ont sautés dessus sans aucun avertissement
en frappant Jaggi juste en face des locaux du Comité
populaire Saint-Jean Baptiste devant des dizaines de
témoins. Une poignée de camarades eurent le réflexe de
lui venir en aide, frappant les flics et tentant de
libérer Jaggi de leurs sales pattes. Débordés, les
agents crièrent qu'ils étaient de la police et
sortirent de leurs manteaux des matraque télécospique
en menaçant physiquement les camarades impliqués dans
la mêlée. 

Les agents créèrent un effet de surprise dont ils
profitèrent pour prendre la fuite, avec leur
prisonnier qu'ils jetèrent brutalement à l'intérieur
de leur véhicule banalisé, qui lui fut la cible de
plusieurs projectiles avant de disparaître
définitivement de la rue Saint-Jean. Il s'en fallut de
peu pour que les camarades parviennent à libérer
Jaggi, tout ce qu'il manquait c'était davantage de
monde pour jouer des bras avec cette bande de brutes.

Lors d'une conférence de presse, les flics
présentèrent Jaggi Singh comme étant un " leader du
Black Bloc ", ce qui est évidemment un grossier
mensonge. Il est à craindre que Jaggi connaissent des
difficultés pour être sa remise liberté, puisqu'il
fait déjà l'objet de sévères conditions suite à son
arrestation lors de la manifestation du 23 octobre
2000, à Montréal, contre la réunion du G-20. 

Ces conditions lui stipule qu'en cas d'arrestation
dans le futur il devra débourser pas moins de 4000$
(soit 1000$ pour chacune de ses accusations) pour être
remis en liberté. De plus, une camarade s'était portée
garante de la bonne conduite de Jaggi en signant un
engagement lui contraignant de payer 1000$ en cas de
non-respect de ses conditions. (plus d'info sur ce cas
particulier suivra bientôt).

Lors de leur point de presse, les flics ont aussi
précisés qu'ils en étaient rendus à 24 arrestations (
ce nombre a grimpé à 28 au moment d'écrire ces
lignes). Ce chiffre comprend l'arrestation de deux
personnes à l'intérieur d'une automobile en matinée, à
Sainte-Foy. Les flics prétendent avoir saisit dans le
véhicule des tiges de métal, des casques, des balles
de granit, des batteries, etc. L'un des individus est
accusé de " complot ", tandis que l'autre a été libéré
par la police sans aucunes accusations. 

En fin de journée, les flics revendiquaient cinq
blessés dans leurs rangs. Du côté des manifestantEs,
nous avons connaissance de quatre cas de blesséEs, ce
qui n'incluent pas les personnes affectées par les
effets des gaz. Cela comprend une personne ayant reçut
six points de souture sur la tête et un cas
d'hémorragie sérieuse. 
 
La répression a été dénoncée par la CLAC et la CASA au
cours d'un point de presse, de même que par la
coalition non-violente OQP-2001 (Opération
Québec-Printemps), qui revendiqua elle aussi la
libération immédiate de toutes les personnes arrêtées
par le biais d'un communiqué. Ce n'est pas une
surprise qu'on ne puisse en dire des dirigeantEs
collabos-réformistes du Sommet des peuples, qui se
sont empressés de dénoncer la " violence " à la fois
des flics et des opposantEs, qu'ils et elles ont mit
sur un même pied d'égalité. 

Françoise David, la présidente de la FFQ (Fédération
des Femmes du Québec) et Claudette Charbonneau, la
vice-présidente de la centrale CSN (Confédération des
Syndicats Nationaux) pointèrent du doigt " un très
petit groupe bien organisé depuis longtemps " comme
étant à l'origine des troubles alors que leur teach-in
sur la ZLÉA qui était offert plus tôt dans la journée
par l'Alliance continentale des peuples n'a pas attiré
un chat!

Les échauffourées entre flics et manifestantEs se sont
poursuivis jusqu'à tard en soirée alors que des vans
remplis d'agents en civil ratissent les rues à la
recherche de proies à embarquer. Et pendant ce temps,
le bruit des hélicoptères de police donne un caractère
de ville assiégé à la vieille capitale…  

À suivre!

Bubuv, en direct de Québec


                       ********
               The A-Infos News Service
      News about and of interest to anarchists
                       ********
               COMMANDS: lists@ainfos.ca
               REPLIES: a-infos-d@ainfos.ca
               HELP: a-infos-org@ainfos.ca
               WWW: http://www.ainfos.ca
               INFO: http://www.ainfos.ca/org

 To receive a-infos in one language only mail lists@ainfos.ca the message
                unsubscribe a-infos
                subscribe a-infos-X
 where X = en, ca, de, fr, etc. (i.e. the language code)



A-Infos
News