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(fr) 8 mars à Nantes (la suite...)

From opossum@free.fr
Date Sat, 11 Mar 2000 01:08:38 -0500


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      A - I N F O S  N E W S  S E R V I C E
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Pour nous les choses se sont passées bien plus
tranquillement que
l'action femmes de Montréal (voir le texte à ce sujet
sur A-Infos0.

A l'appel du collectif "Jamais contentEs" une
quarantaine de personnes se sont rassemblées puis sont
parties faire une balade dans les rue de Nantes
distribuant des tracts (cf ci-dessous), collant des
affiches un peu partout. Au dernières nouvelles le
magasin galeries lafayettes porterait plainte à cause
des affiches sur ses vitrines. A noter que c'est ce
magasin qui avait à Paris, il y a quelques temps, mis
des femmes (des êtres humains pas des sosies en
plastique !) dans ses vitrines pour faire office de
mannequins vivants.

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À part ça, tout va bien ! ?


Aujourd'hui 8 mars 2000, nous revendiquons cette
journée comme étant une journée emblématique de la
lutte internationale que continuent à mener les femmes
pour la fin de leur asservissement.

À l'aube du 21e siècle, on nous fait vivre dans
l'illusion d'une égalité homme/femme grâce à l'apport
d'une législation conséquente, mais le changement
est-il à la hauteur de cet afflux de lois ? Que peut
faire une législation face à un enracinement du
patriarcat dans les mentalités et les pratiques sinon
déculpabiliser une société faite par des hommes pour
des hommes.


Une appropriation de la femme y compris par la
violence


La violence est inscrite dans les rapports
homme/femme. Les violences conjugales et domestiques
sont les cas de violence les plus répandues dans le
monde à l'encontre de la femme. Celle-ci reste encore
la propriété de son mari dans de nombreux pays et il
exerce sur elle le pouvoir de vie et de mort : 17 pays
seulement condamnent le viol conjugal. 70 % des viols
commis en France sont le fait de personnes de
l'entourage familial de la victime. Aux États-Unis une
femme est battue toutes les 12 secondes et une autre
est violée chaque minute et demie. En Inde 5 000
femmes sont tuées chaque année victimes du mariage...

Dans la rue la femme devient une proie désignée, elle
peut être sifflée, touchée, injuriée bref agressée.
Ces pratiques permettent aux hommes d'affirmer leur
virilité, d'interdire la rue aux femmes non
accompagnées et elles légitiment le viol comme
punition pour les femmes bravant cet interdit (surtout
si celle-ci revêt les atours de la séduction).
Violences sexistes et harcèlement sexuel sont aussi le
lot quotidien de bon nombre de femmes qui se voient
confrontées à l'enfer de devoir les accepter ou perdre
leur travail.


Une sexualité toujours basée sur la reproduction


L'hétérosexualité demeure la norme en matière de
sexualité, elle est imposée dès l'enfance par les
différentes institutions qui régissent notre société,
l'homosexualité est encore vécue comme un interdit et
l'homophobie s'est révélée au grand jour lors des
débats autour du PACS. La préservation de la famille
même si celle-ci évolue au fil du temps demeure une
priorité. Aussi nul doute que la contrainte de
reproduction dévolue à la femme garde sa place
prépondérante. C'est sans doute là qu'il faut chercher
les causes de la frilosité des lois concernant
l'avortement et la quasi absence de campagne pour la
contraception (hors prévention du SIDA). En effet,
l'avortement n'est toujours pas dépénalisé, un nombre
conséquent de CIVG ont fermé leur porte. Seule une
génération de pilules est remboursée et les autres
moyens contraceptifs ne le sont pas. Dans ces
conditions, il n'est pas étonnant que le nombre d'IVG
n'ait baissé que de 12 % depuis la promulgation de la
loi.

Le rôle de la famille et de l'institution éducative
contribue à figer le destin des filles. La famille
reste la cellule de reproduction des normes
patriarcales et de transmission des rôles sociaux.
Interviennent dès l'enfance les normes de virilité et
de féminité à travers les comportements sexués qui
sont appris aux enfants. Les stéréotypes sexistes sont
véhiculés par tout un tas de médias, de la télévision
aux manuels scolaires. L'école renforce la
construction différenciée des rôles en ayant une
attente différente vis-à-vis des filles et des garçons
concernant leurs comportements et leurs résultats
scolaires. Les filles anticipent par ailleurs les
difficultés qu'elles auront à trouver un emploi dans
certains secteurs très masculins et s'autocensurent
dans leurs choix. Du coup, elles se retrouvent
concentrées dans quelques filières : 60 % des femmes
n'exercent que 30 % des métiers existants.


Doubles journées -- demi-salaire


Les femmes subissent la double journée de travail en
continuant d'assumer physiquement et psychologiquement
plus de 90 % de la prise en charge quotidienne du
foyer. À travail égal, elles touchent en moyenne un
salaire de 27 % inférieur à celui des hommes. Elles
sont davantage touchées par le chômage quel que soit
leur niveau de formation. Elles sont sur représentées
dans les secteurs à faible rémunération : en 1997, 80
% des salariés qui percevaient moins de 3 650 francs
net étaient des salariéEs. On les retrouve encore en
majorité dans les statistiques concernant le chômage
de longue durée, les emplois précaires et le travail à
temps partiel subi. Elles sont peu représentées dans
les postes à responsabilité que ce soit dans le public
ou dans le privé. En effet la femme en charge de
famille se voit le plus souvent écartée des
possibilités de travail intéressant et porteur de
promotion. De la même façon elle se voit dans
l'obligation de faire le choix d'un travail en
fonction de sa compatibilité avec la prise en charge
de la famille ; l'homme au contraire se consacre
principalement à sa carrière professionnelle avec
l'aide de sa compagne.

Il nous appartient à tous et à toutes de nous
mobiliser afin que changent les mentalités et les
pratiques au quotidien. C'est sur cette envie que nous
avons créé le collectif " Jamais contentEs " qui se
définit comme anticapitaliste et antipatriarcal. Il
s'est constitué en marge de l'initiative " Marche
mondiale des femmes " car il est important pour nous
d'agir à la base pour changer les rapports
hommes/femmes.

Collectif " jamais content-e-s  ! "
Le monde comme il va c/o Alternantes FM
BP 31605 · 44316 Nantes cedex 03

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