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(fr) les origines du 8 mars

from emile.henry@sympatico.ca
Date Thu, 9 Mar 2000 05:33:46 -0500


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      A - I N F O S  N E W S  S E R V I C E
            http://www.ainfos.ca/
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[Voici le texte du tract que les militantes du Groupe
anarchiste ...Émile-Henry de Québec vont diffuser avec
des amies pendant la manif traditionnelle du 8 mars,
prétexte cette année au lancement de la campagne de la
Marche mondiale des femmes de l'an 2000. Pendant ce
temps-là, les gars d'...Émile-Henry feront de
l'affichage en ville (voir:
http://www3.sympatico.ca/emile.henry/)]

Bref rappel des origines du 8 mars pour se souvenir...
La liberté des femmes ne se légifère pas, elles se
prend!

Tranche de vie : Qui ne s'est pas imaginé, étant
jeune, dans un monde complètement différent, un monde
nouveau où tout serait parfait... en l'an 2000.

Un peu d'histoire

Il ne s'agit pas ici d'être passéiste et encore moins
nostalgiques, mais évoquer et comprendre les origines
révolutionnaires de la journée des femmes peut
certainement nous aider à mieux aller de l'avant...
vers ce monde idéal. 'autant plus, que malgré tous les
gains (attention à la démagogie ici!) que les femmes
ont pu obtenir au cours des siècles, elles n'ont
toujours qu'une petite place en marge de l'histoire et
pourtant... Au fil des années, des femmes de partout
dans le monde ont pris la rue, se sont pris le droit
de grève, ont imposé leur droit de vote, ont crié haut
et fort leur colère devant ce que nous osons encore
appeler la justice... Au fil des années, des femmes
ont fait briller des lueurs de révolutions. Tout Áa
dans leur vie et leur survie de tous les jours mais
tout Áa aussi un 8 mars.

Le début du 20Ëme siècle fut particulièrement marqué
par un climat de crise et d'effervescence sociale.
Pour le mouvement des femmes de plusieurs régions du
monde et notamment pour celui du Nord-est des
États-Unis c'est le début d'une véritable affirmation.
Dès 1857, New York et Chicago sont pratiquement animés
au rythme des grèves et les influences
anarcho-syndicalistes et socialiste ne tardent pas à
avoir leur effet sur les ouvriers mais aussi sur les
ouvrières. Parmi des centaines d'autres, "l'épopée"
d'Emma Goldman et le travail des Wobblies (1)
permettent aux mouvements ouvrier et féministe
d'afficher leurs revendications à la face du monde -ce
qui leur permit d'obtenir des gains considérables-
mais surtout d'inscrire les luttes (et les gains) dans
des perspectives plus globales qui dépassent l'horizon
législatif. 

Le slogan "Du pain et des roses" trouve d'ailleurs son
origine dans cette logique alors que des grévistes du
textile (majoritairement des femmes) et les
organisations anarcho-syndicalistes dont elles (et
ils) faisaient parties revendiquèrent de meilleures
conditions de vie matérielle mais aussi des roses qui
représentaient le côté immatériel nécessaire à une
réelle libération et qu'on ne peut trouver dans aucune
loi mais dans un changement profond des mentalités. Et
c'est dans ce contexte de protestation et d'activisme
politique que naît la journée internationale des
femmes.

Le premier appel pour un Woman's Day fut donc lancé en
1908 sur l'initiative des femmes du parti socialiste
américain et pris la forme d'une manifestation pour le
droit de vote et la reconnaissance des droits
politiques et économiques des femmes. 2000 personnes
marchèrent sur Manhattan et dés l'année suivante, le
28 février 1909, pas moins de 5 "Woman's Suffrage
Demonstrations" sont organisés dans la seule région de
New York et tiennent lieux de "Woman's Day". Le
mouvement prendra par la suite de l'ampleur en 1910
sous l'impulsion des Wobblies et de la grève générale
de 20-30 000 chemisiers et chemisières (dont au moins
80 % sont des femmes) de New York qui revendiquent un
salaire décent et de meilleures conditions de vie.
C'est la même année, quelques mois après les 13
semaines de grève qui soulevèrent les mouvements
ouvrier et féministe que la IIème Internationale
socialiste adopta à Copenhague une motion pour
internationaliser le Woman's Day américain. Le 19 mars
1911 fut fêtée la première journée internationale des
femmes, mais il faut attendre 1914 pour que soit tenu
le premier 8 mars.

Autres temps, autres moeurs

La situation a bien évidemment changé (après tout
n'est-on pas entré dans un nouveau millénaire (!!!!))
et il faut bien concéder que la lutte pour le droit de
vote peut-être un peu dépassée dans notre société mais
à quand le droit de choisir? Qui crie à l'égalité et
jète le haro sur le mouvement féministe? Oui, les
femmes ont obtenu le droit de vote -et donc le droit
de s'abstenir- mais ont-elles pour autant le pouvoir
effectif que toute personne devrait être en mesure
d'exercer sur sa vie et sa société. En fait, les
questions que soulève le mouvement féministe, loin
d'être impertinentes ou désuètes, sont d'autant plus
importantes alors que les pouvoirs en place semblent
abandonner jusqu'à leur masque de démocratie. Oui, le
mouvement féministe a permis aux femmes (du moins dans
les sociétés occidentales) d'obtenir de nombreux
acquis dans les domaines juridique, politique,
économique et sociale mais l'égalité est loin d'être
atteinte et les exemples de discrimination et
d'exploitation nous viennent en tête par dizaines.

Pire, les gains obtenus demeurent soumis à la loi
patriarcale. Une loi tente bien de donner l'équité
salariale aux femmes, une autre leur permet de se
faire avorter, une autre encore condamne les violeurs
(enfin, c'est ce qu'on dit) mais il s'agit toujours
d'aménager la vie des femmes autour d'un statut qu'on
leur impose, de cocher les traits d'une fiche
d'identité qu'on leur appose et l'existence même de
ces lois  confirme la spécificité qu'on leur garde.
Les femmes, comme les hommes, ne sont pas des objets
qu'on change de tablette de temps en temps ou qu'on
dépoussière un certain jour de mars.

Tant qu'il y aura un capitalisme et un patriarcat qui
s'allieront contre la population, il devra y avoir un
mouvement féministe qui lutte et tant que nous devrons
nous le rappeler, il devra y avoir un 8 mars. Cela
étant dit, on en a assez d'une journée pour la
conservation de la gente féminine comme on se rappelle
parfois qu'il y a des animaux en voie de disparition.
C'est le 8 mars, mais surtout tous les autres jours de
l'année qu'il nous faut reprendre la rue... reprendre
nos vies. Rallumons ces lueurs de révolution!

(1) L'IWW (Industrial Workers of the World) est un
groupe syndicaliste révolutionnaire américain
particulièrement important au début du siècle et le
seul à syndiquer les ouvrierEREs non qualifiéEs (et
donc beaucoup de femmes). Il fut durement réprimé au
cours de la Première Guerre mondiale en raison de ses
positions internationalistes et anti-patriotiques.
(Voir notamment Guérin, Daniel, Histoire du mouvement
ouvrier américain, Paris, François Maspéro, 1977


[Encadré]

La suite pose la question des moyens de la lutte.
Cette année, le 8 mars sera l'occasion pour la
Fédération des femmes du Québec de lancer la Marche
mondiale mais plusieurs ne se retrouvent pas dans
celle-ci qui est essentiellement basée sur le
réformisme et sur les revendications à satisfaire par
les différentes institutions étatiques. Nombreuses
sont donc les militantes qui se demandent où sont
passées les critiques du patriarcat et du capitalisme
portées par certaines sections du mouvement féministe.
On peut d'ailleurs légitimement se poser la question
puisqu'après tout, le mouvement féministe québécois a
été fondé, entre autres, par des militantes
socialistes comme Simonne Monet-Chartrand, Madeleine
Parent et Lea Roback.

Une initiative internationale a été lancée par
certaines organisations anarchistes européennes
(telles que l'Organisation communiste libertaire
(OCL-France), le Réseau No Pasaran! (France),
l'Organisation socialiste libertaire (Suisse)) visant
à organiser une campagne autonome, en marge de la
marche, pour marteler que : 1) La lutte contre la
pauvreté des femmes passe nécessairement par une lutte
contre le capitalisme; 2) La lutte contre la violence
faite aux femmes passe nécessairement par une rupture
avec le patriarcat sur un plan individuel, collectif
et institutionnel. Le Groupe anarchiste Émile-Henry
souhaite relancer cette importante campagne au Québec.
Toutes les militantes (et tous les militants)
intéressées sont invitées à nous contacter.

Groupe anarchiste Émile-Henry
http://www3.sympatico.ca/emile.henry
emile.henry@sympatico.ca



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