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(fr) De la répression des militants et des privilèges des bonzes syndicaux

From ocl_relex@hotmail.com
Date Thu, 9 Mar 2000 04:29:26 -0500


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La démocratie bourgeoise a ses limites et ses chiens
de garde syndicaux le savent. Ils peuvent profiter de
ses largesses à condition d'être serviles au
capitalisme. Pour les autres, ceux qui refusent de
subir, résistent ou se révoltent, c'est la
criminalisation et la répression.

De la répression

À Marseille, le responsable des comités chômeurs CGT a
été condamné à cinq mois de prison avec sursis pour
violences contre des policiers lors d'une action de
chômeurs. À Clermont-Ferrand, le secrétaire CGT a été
condamné à deux mois avec sursis et 3 000 francs
d'amende pour avoir apporté son soutien à des sans
papiers échappés lors de l'audience. Au Mans, le
secrétaire départemental Sud-PTT a été condamné à six
mois avec sursis et 5 000 francs d'amende plus deux
ans de privation de droits civiques. Sa faute :
participation active au mouvement des chômeurs ; mais,
plus impardonnable, l'occupation symbolique de l'étude
d'un huissier pendant laquelle les occupants avaient
jeté quelques dossiers. À Paris, des postiers
syndicalistes de la CNT sont sanctionnés et risquent
l'exclusion. À Lisieux, des ex-CFDT sont traduits en
justice pour avoir bloqué le pont de Normandie lors
d'une grève au centre hospitalier. Dans l'Aveyron, des
militants de la Confédération paysanne ont été
criminalisés pour leurs actions contre des silos de
mais transgénique. Puis, dernièrement, le "médiatisé"
José Bové, entôlé avec d'autres, puis poursuivi, pour
avoir démonté un Mac Do. À St Omer, trois militants
associatifs de l'ADEPA et d'AC ! À Créteil, la
vice-présidente de l'APEIS ; au Mans, voici peu, 46
salariés de l'usine Renault, dont 17 CGT et un CFDT
sont traduits devant les tribunaux, etc.

Ainsi, la liste s'allonge de militants syndicaux,
associatifs, voire sans appartenance, criminalisés au
fil d'actions directes d'autodéfense. Cet inventaire
incomplet ne conduit pas à pleurer sur les syndicats,
organes indispensables de régulation sociale, mais
illustre d'une part la résistance d'une base sociale
contre les conditions d'exploitation, et d'autre part
le décalage de plus en plus grand entre les salariés,
les sans-emploi (syndiqués ou non) et les
bureaucraties syndicales.

Des bienfaits de la cogestion syndicale

Le scandale de la CRI (caisse de retraite
interprofessionnelle) révélé par le journal Le Monde
(mais avant lui par le Canard Enchaîner sans que cela
ait suscité de remous) illustre ce décalage entre des
salariés et les bureaucraties qui se pavanent
cyniquement. Il illustre aussi le fonctionnement
paritaire patrons-bureaucrates syndicaux (voir article
Main basse sur les retraites dans CA).Les patrons
jouent sur les deux tableaux. En plus des milliers de
salariés licenciés, Ils criminalisent ou virent des
dizaines de délégués syndicaux qui, oubliés ou isolés
et sans rapport de force dans leurs luttes, assument
la défense des salariés ou tentent de faire appliquer
le droit du travail. Délégués ou syndiqués de base
qui, par leurs agissements, refusent les conséquences
d'une logique sociale imposée par la bourgeoisie et
les patrons avec l'aval des bureaucraties qui
n'hésitent pas à négocier sur le dos de leurs
militants et des salariés, se procurant ainsi
avantages et privilèges assurant leur survie
confédérale.

Le scandale de la CRI n'est ni le premier ni ne sera
le dernier. De même qu'il n'est en rien le fait de
bureaucrates corrompus isolés par-ci par-là, ni d'une
confédération plus qu'une autre. Il illustre
simplement le degré d'intégration et de décomposition
du syndicalisme lui-même dans nos démocraties
occidentales. Il met en évidence un syndicalisme non
plus de classe et revendicatif mais d'adhérents et de
relations sociales dans lequel les militants de base
n'ont plus prise.

Ainsi, avantages et privilèges pour certains, contre
misère et précarité pour les autres. Carotte et bâton,
patrons et bureaucrates les manient avec
complémentarité et quand la répression est trop vive,
les confédérations prennent les devants et organisent
des journées d'action pour la défense des libertés
syndicales, à l'exemple de la CGT. Elles tentent de
faire oublier qu'elles agissent elle-même comme des
patrons en excluant militants ou sections, les
"moutons noirs" comme disait Edmond Maire. Parfois
elles s'allient entre elles ou avec des patrons pour
dénoncer et poursuivre en justice les nouveaux
syndicats (SUD) formés par leurs militants exclus,
voire même encouragent les patrons à licencier des
militants SUD qui osent se présenter dans des
instances comme les comités d'entreprise, chasse
gardée de leurs pactoles occultes. Ce n'est un mystère
pour personne : les syndicats, utiles à la bourgeoisie
pour maintenir son ordre social, ne survivent plus des
seules cotisations des adhérents. Lors de l'émission
TV Capital, il a été révélé que la CGT ne recevait
qu'un tiers de son budget des cotisations payées. Un
autre tiers provenait de la vente militante : badges,
autocollants, revues, etc. Le troisième tiers
provenant de dons !

Largesses patronales et silences gouvernementaux sur
les tripatouillages des pactoles qui assurent la
survie de nombreux permanents et combines des comités
d'entreprise tels EDF, SNCF ou d'autres. Ainsi que les
"publicités" d'entreprises privées ou d'État en grande
page dans les revues syndicales. Quand ce ne sont pas
les banques qui, comme AXA, instaurent des chèques aux
bulletins de vote pour encourager la participation des
salariés aux élections professionnelles syndicales.

Ainsi va le syndicalisme qui accompagne le capitalisme
dans sa marche vers la mondialisation. Largesses et
faveurs pour les bonzes syndicaux, mais
criminalisation et répression pour les militants qui y
résistent. Mais bureaucrates, patrons et gouvernements
veillent chacun à ce que cette mauvaise herbe
"basiste" qui repousse par-ci par-là soit éradiquée.
Chacun s'assurant qu'elle ne craquelle pas trop le
tableau consensuel de la cogestion qui les nourrit.

MZ, le 16/01/2000

Article tiré de Courant alternatif no 96, février 2000

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