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(fr) Marcel Pépin est mort lundi

from nicolasphebus@yahoomail.com
Date Tue, 7 Mar 2000 00:52:57 -0500


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      A - I N F O S  N E W S  S E R V I C E
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(A-Infos) Québec - À chaque époque, des hommes
incarnent à eux seul le pouvovoir de "la classe
ouvrière organisée", Marcel Pépin, le vrai "Monsieur
CSN" pour des centaines de milliers de prolos
québécois-e-s, était de ceux là. Il est mort hier à
Montréal à l'âge de 74 ans annonçait la Confédération
des syndicats nationaux (CSN). 

Avec Pépin, c'est tout un pan de l'histoire de la
classe ouvrière québécoise qui s'éteint. À part Michel
Chartrand et les militant-e-s de base encore en vie,
il ne reste plus personne pour témoigner que le
syndicalisme québécois n'a pas toujours été
caractérisé par la collaboration de classe.

Pépin a été tour à tour permanent d'une fédération de
la CSN dans le secteur privé, puis secrétaire général
de la centrale syndicale et enfin président. Nous lui
devons entre autre la déconfessionalisation et la
démocratisation de cette centrale, l'adoption du
syndicalisme de combat comme méthode de lutte et
l'orientation socialiste et démocratique (battue en
brèche depuis par des gens aussi peu fréquentable que
Gérald Larose).

C'est Marcel Pépin qui a introduit la tradition du
rapport moral politique à la CSN. Tout le monde se
souvient du fameux "Ne comptons que sur nos propres
moyens" dont le titre est à lui seul un programme
d'émancipation de la classe ouvrière. C'est également
lui qui a ouvert ce qu'il appelait "le deuxième front
de la lutte de classe" soit les groupes populaires (à
commencer par les ACEF et les comités de citoyens).

C'est également Marcel Pépin, en 1972, qui a été
l'artisan du premier Front Commun et d'une des plus
formidables grèves générales que le Québec n'a jamais
connu. En effet, à l'époque Pépin avait forcé les
autres centrales à former un Front Commun contre le
gouvernement dans les négos de la fonction publique. 

Une grève générale illégale avait été lancée pour
porter les revendications dont la plus spectaculaire
était la hausse à 100$ par semaine de tous les
employé-e-s de l'État. Une façon comme une autre de se
servir du rapport de force des employé-e-s de l'État
pour faire pression à la hausse sur les salaires de
l'ensemble de la classe ouvrière (on est loin du
corporatisme ambiant).

À l'époque, voyant que la répression s'abattait sur
les militant-e-s de base des syndicats et risquait de
désarticuler le mouvement, Pépin avait décidé
d'assumer politiquement, et ce publiquement, la grève
générale et son caractère illégal. Il voulait forcer
l'État à frapper à la tête du mouvement syndical, la
seule manière selon lui de provoquer un mouvement de
solidarité assez fort pour casser les reins de la
répression. En agissant ainsi, il a forcé les autres
dirigeants du Front Commun à faire de même. Et il a eu
raison.

En moins de 24 h après son premier procès et son
incarcération par l'État, le plus formidable mouvement
de grève jamais vu au Québec était déclanché. C'est
comme si toute la classe ouvrière, du secteur privé
comme du secteur public, se sentait attaquée. Des
villes comme Rouyn et Sept-Iles furent littéralement
conquise militairement par les grévistes qui ont foutu
les flics et les autorités à la porte assumant un mode
d'organisation presque conseilliste où la seule
autorité reconnue en ville devient le comité central
de grève. Sept villes d'importance du Québec sont
ainsi tombée aux mains des grévistes. Pendant ce temps
d'autres villes comme Montréal et Québec se sont
trouvée littéralement paralysée. 

Est-il besoin de préciser que celà a mit radicalement
fin à la répression et que, contrairement à la récente
grève des infirmières par exemple, les syndicats en
sont sorti victorieux et renforcés.

Pépin n'était pas un anarchiste, loin de là, mais,
jusqu'à la fin de sa vie, il s'est déclaré socialiste
et c'est très clairement identifié comme un lutte de
classiste luttant pour le pouvoir ouvrier. 
Bien sùr, un homme ne fait pas un mouvement. Mais
quand même, pour les rares fois où on n'a pas eu des
bonhommes complètement corrompus, mafieux,
pro-capitalistes ou staliniens à la tête des centrales
syndicales au Québec, il faut bien le souligner. Au
moins, Marcel Pépin aura eu le mérite de rester un
syndicaliste intègre. Contrairement à ces prédécésseur
et ces successeurs, les Marchands et Larose
principalement, Pépin n'a jamais été acheté par le
patronat. Et ça, c'est déjà beaucoup.

Pour en savoir plus sur le personnage, il faut lire:
Le monde selon Pépin de Jacques Keable.

-Nicolas Phébus

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