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(fr) Les grévistes de l'UQAM, à Montréal, appellent à la grève générale pour une éducation de qualité

from worker-a-infos-fr@lists.tao.ca
Date Thu, 2 Mar 2000 15:30:30 -0500


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      A - I N F O S  N E W S  S E R V I C E
            http://www.ainfos.ca/
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--Communiqué des grévistes de l'UQAM--

-> Non au consensus et à la répression

-> Oui à la grève générale pour une éducation de
qualité

[Extrait de l'AGEsshalcEXPRESS, semaine du 28 février
2000]

À la suite de l'annonce du consensus obtenu au Sommet
du Québec et de la Jeunesse, les grévistes de l'UQAM
qui contestaient déjà la tenue du Sommet se
positionnent contre le consensus. En grève depuis le
17 février, les étudiant-e-s de sciences humaines,
art, lettres et communication de l'UQAM ont voté-e-s
en faveur de la poursuite de la grève le 25 février
dernier. Les grévistes vous exposent ici leur vision
du consensus.

1- L'éducation toujours sous-financée

Depuis 1994, le gouvernement péquiste a dirigé des
compressions qui ont charcuté près de 2 milliards du
budget alloué à l'éducation. Ces compressions ont
laissé le système d'éducation dans un état pitoyable.
À l'heure où le déficit zéro est atteint et où le
gouvernement dégage des surplus, on est en droit de
réclamer un réinvestissement massif et immédiat. Or,
le consensus du sommet engage le gouvernement à un
réinvestissement qui n'est ni massif, ni immédiat. En
réalité le milliard promis, étalé sur trois ans,
suffira à peine à éponger les déficits accumulés par
les institutions scolaires au cours des années de
coupures. Le ministre de l'Éducation, François
Legault, a d'ailleurs déjà affirmé que le
réinvestissement devrait servir à éponger les déficits
avant d'être utilisé à d'autres fins. En 2003, quand
l'ensemble des sommes promises auront été versées,
nous ne seront toujours pas revenus à la situation 
antérieure aux coupures. De plus, les besoins du
système sont en constante augmentation. Le «consensus»
du sommet nous condamne donc à subir le
sous-financement pour les trois prochaines années et
probablement davantage.

2- Mettre l'école au service des entreprises

Si le gouvernement s'est engagé au sommet à remettre
un milliard sur trois ans dans le système d'éducation,
aucun engagement n'a été pris sur le «où» et le
«comment» de ce réinvestissement. Considérant les
commentaires de M. Legault à cet effet, on peut
s'attendre à ce que les critères d'efficacité, de
rentabilité et de performance soient prédominants dans
le choix des priorités. Cela signifie la soumission
totale de l'école aux règles du marché à plus ou moins
brève échéance. En effet, le plan Legault est clair:
il s'agit de soumettre le savoir à une logique de
rentabilité et d'adapter l'école aux besoins des
grandes entreprises. En conséquence, ce sont les
disciplines techno-scientifiques axées sur
l'augmentation de la productivité qui sont favorisées,
au détriment des disciplines fondamentales,
spéculatives et critiques qui servent à comprendre le
monde et à l'améliorer. Ainsi les activités
artistiques, de même que les sciences sociales, sont
délaissées par le marché, et, par conséquent, par le
système d'éducation québécois. Contrairement à ce
qu'affirmait Daniel Baril, président de la Fédération
Étudiante Universitaire du Québec [FEUQ], «peut
importe où va cet argent, en autant qu'il aille dans
le système d'éducation» il est donc primordial de
savoir quels secteurs seront financés. Les hautes
technologies, la gestion et l'administration risquent
bien sûr d'obtenir la faveur de Legault, au détriment
de la pensée critique et de l'émancipation artistique.
Ainsi, l'école québécoise continuera de servir les
intérêts du capital.

3- Les travaux forcé pour les jeunes assistés sociaux

La loi 186, adoptée par le P.Q. en 1998, renfermait
déjà des mesures discriminatoires envers les jeunes
assistés sociaux (18-24 ans) [La loi 186, ça c'est la
réforme de l'aide sociale]. Ces clauses forcent tout
jeune à participer à un programme de «réinsertion à
l'emploi», sous peine de voir son chèque mensuel coupé
de 150$ [un détail: le chèque de base est d'environ
500$ pour une personne apte au travail, moins 100$ si
elle partage un logement]. Il existe un moratoire sur
cette clause mais il prend fin en septembre 2000. Dans
le consensus du sommet, 240 millions sont octroyés sur
trois ans pour l'intégration des jeunes au marché du
travail. En réalité, il s'agit de parcours forcés qui
cautionnent l'exploitation des jeunes. L'argent versé
servira entre autre à payer les salaires des jeunes
assistés sociaux engagés par des entreprises. Ces
dernières, tout en économisant sur les salaires,
bénéficieront d'exemption d'impôt. Entre nous, à qui
profitera le plus cette politique?

4- Un consensus sous la matraque et le gaz

Que penser d'un consensus qui s'impose comme une
dictature? Le 22 février dernier, durant le gala
d'ouverture du sommet, 3000 manifestant-e-s pacifiques
ont subi pour la première fois de leur vie les assauts
du gaz lacrymogène de l'escouade anti-émeute. La
lendemain, 4 manifestant-e-s pacifiques ont été
arrêtés. Pendant ce temps, 300 jeunes se réunissaient
au contre-sommet pour discuter librement des enjeux
sociaux alors que 70 privilégié-e-s se faisait avoir
par un consensus préétabli par le gouvernement et les
acteurs économiques (rappelez-vous le souper de riches
le 20 février... [allusion à une rencontre entre le
premier ministre et les principaux dirigeants
d'entreprises afin de leurs annoncer combien d'argent
exactement le gouvernement consentirait aux jeunes et
négocier leur appui en échange d'une réduction d'impôt
de 3 milliard]). En conséquence, le consensus du
Sommet est un décret gouvernemental que quelques
groupes de jeunes choisis par [le premier ministre du
Québec Lucien] Bouchard et compagnie ont bien voulu
signer, stoppant ainsi la remise en question du virage
néo-libéral que prend notre société. Il ne s'agit donc
pas d'un processus démocratique de consultation, mais
d'un gros show médiatique servant à légitimer les
politiques péquistes par un prétendu consensus.

Notre opposition à ces conclusions doit se faire
entendre et la grève générale est le meilleur moyen
pour nous permettre de nous organiser efficacement et
de nous faire entendre par la population. Le consensus
dictatorial du sommet est une défaite tant pour les
jeunes que pour la société entière. Face à cette
impasse, nous lançons donc un appel de solidarité aux
autres associations étudiantes du Québec afin qu'elles
se joignent au mouvement de grève générale! Démontrons
qu'il n'y a pas eu consensus au sommet et que nous
sommes prèt-e-s à nous battre pour le faire entendre.
Mobilisons-nous, occupons la place qui nous revient
vraiment!

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