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(fr) Violence faite aux femmes

From worker-a-infos-fr@lists.tao.ca
Date Sun, 18 Jun 2000 12:00:46 -0400


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      A - I N F O S  N E W S  S E R V I C E
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Il ne se passe pas un mois sans qu'on apprenne, dans
notre entourage, qu'une telle s'est fait agresser, il
ne se passe pas 15 jours sans qu'on entende, au cours
d'une discussion, que des mecs, le plus
souvent,cherchent à nier la domination spécifique
exercée sur les femmes. Au-delà du vécu personnel, les
chiffres sont là, accablants1, les rubriques faits
divers des journaux sont remplis de cette violence
multiforme exercée par les hommes sur les femmes (et
sur d'autres hommes, sur des enfants...).

Les violences exercées par les hommes sur les femmes
sont un phénomène social dépassant les explications
psychologiques et individuelles de la violence
interpersonnelle. Les violences envers les femmes sont
l'expression d'un usage de la force et de la menace
comme moyen d'obliger les femmes à se comporter ou à
ne pas se comporter de telle ou telle façon. Le
recours des hommes à la violence ou à la menace contre
les femmes à deux objectifs qui se complètent : l'un
est d'exclure les femmes de certains domaines ou de
restreindre leur champ d'action, l'autre est de les
obliger à un certain comportement. À travers ces
violences les hommes extorquent des bénéfices
économiques, sexuels ou de prestige2.

Comme tout phénomène social, la violence est liée à
d'autres facteurs sociaux ét économiques. Dans le
temps et l'espace, les modes dominants de contrôle
social varient et s'entrecroisent : de l'usage
institutionnalisé de la force (où les hommes punissent
collectivement les femmes qui ont enfreint les règles
sociales), à des mécanismes idéologiques (où dominent
un usage individuel de la force) en passant par un
contrôle économique où la violence est plus masquée,
moins décelable au premier abord (violences
psychologiques). De même le lien entre l'État et la
violence est patent, l'État représentant les intérêts
du groupe dominant, en l'occurrence les hommes dans
nos sociétés patriarcales.

La violence contre les femmes est tout à la fois issue
et pérennisée par une construction hiérarchisée des
rôles imposés aux hommes et aux femmes. À travers ce
bourrage de crâne social, institutionnel et familial
nous aurons des perceptions différenciées de ce qu'est
la violence. Ainsi tout un tas d'actes quotidiens
(sans parler des violences physiques) : humiliation,
négation, blagues sexistes... ne sont pas vus comme de
la violence par les agresseurs, les témoins éventuels
ni même parfois par les victimes. Si elles veulent
(sur)vivre dans cette société faite par les hommes,
pour les hommes, les femmes sont obligées d'intégrer
des comportements de soumission à l'autorité, de peur
et de sous-estimation de soi3. Une femme qui sort
seule le soir trangresse un interdit et sait qu'elle
prend le risque de se faire agresser. La violence dans
la rue est assez souvent mise en avant : la rue
(extérieur) appartient aux hommes, tandis que la place
des femmes est à la maison (intérieur). Ce n'est pas
pour autant le seul lieu où elle s'exerce. En effet la
violence dans le cadre familial est souvent tue ou
ignorée puisque rattachée à la sphère privée alors 
que c'est là qu'elle s'exerce essentiellement4. La
violence est aussi très présente dans le monde du
travail (harcèlement sexuel, salaires inférieurs,
etc.). Elle existe aussi dans d'autres espaces :
associations, groupes militants (monopole du savoir,
non prise en compte des intérêts spécifiques des
femmes, partage sexué des tâches...).

La violence nous concerne tous et toutes, quelle que
soit sa forme : violences physiques, violences
psychologiques, violences sexuelles, insultes, blagues
sexistes, violence économique... Ce n'est pas
l'histoire de quelques mecs alcooliques, mal dans leur
peau, qui ne contrôleraient pas leurs pulsions ayant
pour victimes quelques femmes fragiles, qui l'auraient
bien cherchées mais bien un système de domination
globale, un système qu'il nous faut renverser.

Erwanna, Gile

[Extrait de Courant Alternatif, un mensuel édité en
France par l'Organisation Communiste Libertaire. Pour
contacter l'OCL, écrire à ocl_relex@hotmail.com]

Notes:

1. En voilà quelqus-uns tirés d'enquêtes officielles
et parus dans les médias. On estime à 100 millions au
moins le nombre de femmes "manquantes" (meurtres de
petites filles à leur naissance entre autres) à
travers le monde. Aux États-Unis, une femme est battue
toutes les 12 secondes, une autre est violée chaque
minute et demie. En France, il y a 2 millions de
femmes battues par an .

2. "Violence et contrôle social des femmes" de Jalna
Hanmer in Questions féministes n° 1, 1977.

3. Dans le même temps, les hommes baignent dans le
virilisme (identité guerrière, rapport de force,
domination, pouvoir de décision, impérialisme
sexuel...).

4. Plus de 70 % des viols ont lieu dans la cadre
familial, Le Monde dossiers et documents, n°284,
février 2000.

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