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(fr) Lancement de la campagne québécoise de solidarité avec les anarchistes arrêté-e-s à Seattle

from nicolasphebus@yahoomail.com
Date Mon, 28 Feb 2000 08:16:36 -0500


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      A - I N F O S  N E W S  S E R V I C E
            http://www.ainfos.ca/
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Québec (A-Infos) — La campagne québécoise de
solidarité avec les anarchistes arrêté-e-s à Seattle
durant la lutte contre l'OMC a été lancée samedi soir
à Québec par le Groupe anarchiste Émile-Henry. Un peu
plus d'une trentaine de personnes venant d'horizons
très divers (militant-e-s étudiant-e-s et des groupes
populaires, communistes et anarchistes, jeunes et
moins jeunes non-affilié-e-s) se sont rassemblées au
Tam-Tam Café en Basse-Ville pour assister à une courte
conférence et à une projection vidéo. En plus d'un
très bon débat sur la violence, on a pu ramasser plus
de 70$, qui seront versés au Fonds légal d'aide
mutuelle de Seattle.

--> Un texte de Nicolas Phébus (A-Infos et
Émile-Henry)

La soirée s'est ouverte sur une présentation d'un
militant d'Émile-Henry sur le groupe, suivie d'une
mise en contexte de la lutte radicale contre la
mondialisation. Les liens évident à faire entre la
lutte plus globale contre des institutions comme
l'OMC, la Banque Mondiale, le F.M.I. et l'OCDE et des
réalités plus locales, mais s'inscrivant dans la même
logique marchande, comme le récent Sommet du Québec et
de la jeunesse, ont également été soulignés. Même
chose pour l'importance de la solidarité dans une
perspective internationaliste.

Les films présentés, tout deux en anglais, sont «RIP
WTO N30» réalisé par un groupe d'anarchistes d'Eugene
en Oregon (USA) et un autre réalisé par le Direct
Action Media Network en collaboration avec le
Independant Media Center. Très puissants, les deux
films présentent le déroulement des journées de la
«Bataille de Seattle», la résistance militante sous
toutes ses formes et, bien sûr, la brutalité policière
(si vous pensez que les flics de Québec ou de Montréal
sont brutaux, attendez de voir les flics de Seattle!),
le tout intercalé d'entrevues de manifestant-e-s
venant de tous les horizons sociaux et politiques
imaginables. Tous les participant-e-s à cette soirée
de solidarité s'entendent pour dire que ces films sont
très énergisants.

Après cette projection, un point d'information sur la
répression a été fait. Rappelons que des quelques 600
arrestations faites à Seattle, presque toutes les
accusations ont été abandonnées sauf pour une douzaine
de personnes. Le cas de Cheri Honkala, militante
américaine pour les droits socio-économiques des
assistés sociaux américain-e-s, a été choisi comme cas
emblématique pour cette catégorie de répression (pour
plus d'infos sur le cas de Cheri, voir les articles
antérieurs sur A-Infos). À cette douzaine de
militant-e-s «non-violent-e-s» (dans le sens ou ils et
elles ne sont pas accusé-e-s d'actions «violentes») il
faut rajouter le cas de 18 anarchistes qui devront
faire face à des procès devant jury pour «méfait»,
essentiellement pour les actions entreprises dans le
cadre du black bloc (casse ciblée contre des grandes
corporations, graffiti politiques signant la casse).
La campagne de solidarité est d'ailleurs organisée
spécifiquement pour défendre ces camarades dont tout
le monde semble se foutre pour le moment.

Un débat très intéressant sur l'utilisation de la
violence dans les manifs a suivi. L'importance du
soutien politique à donner aux militant-e-s pris-e-s
dans l'engrenage de la répression fut souligné, ainsi
que la nécessité de contester le monopole idéologique
que la non-violence essaie d'avoir dans les mouvements
sociaux au Québec. À ce sujet, plusieurs personnes ont
rappelé, que la non-violence et la casse, ne sont à la
limite que des techniques et que l'important n'est pas
de faire le débat là-dessus, mais bien sur les fins et
l'orientation politique à donner aux luttes. Bref, le
vrai débat se situe encore entre réforme et
révolution.

Ce débat, le premier depuis les manifs «violentes»
contre le Sommet de la jeunesse, montre à quel point
dans la lutte concrète les positions politiques
peuvent évoluer rapidement. Ainsi, on a vu des
militant-e-s qui, jusqu'à il y a une semaine, étaient
connu-e-s comme «non-violent-e-s» accepter de dire que
finalement la violence dans les manifs c'est peut-être
légitime. Par exemple, cette gréviste de l'UQAM qui
disait que, pour beaucoup de gens, la manif de mardi a
été un très grand facteur de politisation et que,
maintenant, très peu de militant-e-s pourraient
condamner aussi catégoriquement qu'avant son
utilisation, voire même que certains l'envisageaient
sérieusement. De même, la majorité des gens
présent-e-s reconnaissent que c'est la radicalité de
la manif de mardi qui a permis au mouvement de faire
des gains.

Finalement, on a beaucoup débattu de la nécessité, si
jamais violence il y a, d'être en mesure comme
mouvement de l'assumer politiquement, mais également
pratiquement. Donc, il faut être en mesure de
s'organiser de façon à ce que non seulement on puisse
agir, mais également, si la situation l'impose, rendre
efficacement la monnaie de leur pièce aux flics, sans
risquer trop la sécurité, entre autres physique, des
autres participant-e-s (autrement dit, il est
irresponsable de se servir d'une foule comme bouclier
pour pitcher des roches de façon isolée et
non-organisée). À ce sujet, on a souligné que si les
manifs continuent de regrouper une masse atomisée
d'individus et non pas une fédération de collectif et
de groupes affinitaires, il est impossible d'utiliser
efficacement des techniques de protestations autres
que traditionnelles. On l'a vu mardi dernier, une
grosse foule qui n'est qu'une foule (et pas une force
collective) fait face à la répression comme une foule,
c'est à dire en prenant ces jambes à son cou. Une
solution possible serait de reprendre la méthode
organisationnelle que les pacifistes popularisent au
Québec (soit les groupes d'affinités autonomes) et la
subvertir pour lui donner d'autres fins que poser son
cul sur le pavé en attendant de se faire arrêter par
les flics.

Un bon début et de bons débats donc pour cette
campagne de solidarité. Une autre soirée, organisée
par le Groupe Main Noire cette fois, aura lieu à
Montréal dans environ deux semaines (info:
mainnoire@altern.org). De même, on a commencé à
recevoir des offres pour présenter le film dans des
écoles en grèves (avis aux intéressés...), donc
peut-être que cette campagne aura plus de
répercussions que prévu. Notez que l'ensemble
s'inscrit dans la campagne de l'Initiative pour une
fédération des communistes libertaires du Nord-Est.

Pour envoyer un don (faire les chèques et mandats
postes en dollars canadiens à l'ordre de «Groupe
Émile-Henry»), ou pour recevoir une série de textes en
français (8 pages tirées de Cette Semaine) sur les
anars et Seattle, X-Mozilla-Status: 0009

Groupe Émile-Henry
C.P. 55051
138 St-Vallier Ouest
Québec, (Québec)
G1K 1J0
Canada

Groupe anarchiste Émile-Henry:
http://www3.sympatico.ca/emile.henry
emile.henry@sympatico.ca

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