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(fr) Revirement au Sommet de la jeunesse, les contestataires gardent le cap

from nicolasphebus@yahoomail.com
Date Sat, 26 Feb 2000 18:52:42 -0500


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      A - I N F O S  N E W S  S E R V I C E
            http://www.ainfos.ca/
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Québec - Marqué par la contestation radicale d'une
jeunesse révoltée qui a littéralement volé le show, la
"Bataille de Québec" s'est terminé par de nouvelles
manifestations jeudi et l'annonce d'un revirement
politique à peu près complet du gouvernement.

Encore une manif!

Encore une fois vers 7 h 00 jeudi, un peu plus d'une
centaine de manifestant-e-s se sont pointé-e-s au
centre des congrès en haute-ville dans le but de
bloquer les portes du Sommet. Une vingtaine de
manifestant-e-s, devant l'opportunité qui s'ouvrait,
ont décidé-e-s de rentrer à l'intérieur et de faire un
sit-in impromptu dans le hall d'entrée. Peu enclin à
jouer les martyrs cependant, ils se sont levés d'eux
et elles même et sont ressorti dehors à l'arrivée de
l'escouade antiémeute. 

Une bannière, réalisée mardi après-midi en 4e vitesse
par quelques libertaires, sur laquelle ont pouvait
lire : "Bienvenu au Sommet  de l'élite et du mensonge;
Non au travail forcé et au cheap labor" fut déployée
dans le hall et a suivi les manifestant-e-s toute la
journée. Les flics n'ont effectué qu'une seule
arrestation, un étudiant complètement saoul (à 7 h 00
le matin!). La manif  les a donc suivi jusqu'au poste
de police et ensuite au Palais de (l'in)justice (quand
même situé en basse-ville à environ une demi-heure de
marche). L'arrêté fut libéré dans le courant de la
journée.

Les réformistes mis en minorité au Contre-Sommet

Du côté du Contre-Sommet, l'après-midi fut consacré à
une grosse assemblée générale (AG) dont le but était
d'adopter les revendications et le manifeste
ressortant de l'exercice organisé par la Coalition
autonome et populaire jeunesse (CAP-Jeunesse). Entre
50 et 75 personnes ont participé à cette AG. Devant
l'inexpérience évidente des organisateurs et des
organisatrices du Contre-Sommet et leur mépris (à
moins que ce ne soit de l'ignorance) des règles de
bases de la démocratie directe, une équipe de
libertaires, dont l'auteur de ces lignes, ont
carrément pris en main l'AG en faisant changer la
présidence d'assemblée et le secrétariat.

À partir de là, les choses ont commencé à rouler. Les
résolutions qui ont finalement été adopté en fin de
journée (à 18 h00, l'AG avait commencé à 14 h 00!)
démontrent que les réformistes furent mis en minorité
par les radicaux et les anarchistes. Une première
proposition à l'effet que le manifeste du
Contre-Sommet ne contiennent que des affirmations
strictement politiques et ne reprennent pas une liste
d'épicerie de revendication fut adopté par une très
forte majorité. Concrètement, les revendications
sociales ont été reléguées à un document de travail
sensé représenter les "préoccupations" des
participant-e-s au Contre-Sommet.

Signe de l'implantation et du poids des anarchistes
dans la jeunesse politisée, une proposition visant à
regrouper tous les "progressistes" dans un seul grand
parti politique actif à la grandeur du pays fut battu
par une très forte majorité. De plus, une motion
prônant la démocratie directe et condamnant la
démocratie parlementaire tout en appelant à une grève
générale globale (un voeux pieux, mais bon) dont le
but serait la "réapropriation de leur milieu de vie
-école, quartier, lieux de travail- par la population"
fut également adoptée par une forte majorité. Quand
l'animateur a demandé à la salle si elle réalisait
qu'elle venait de se prononcer objectivement pour une
révolution sociale libertaire, la réponse fut un "oui"
massif.

Finalement, un bed-in à eu lieu à l'Université Laval
en soirée. Une demi-douzaine de conférences ont été
donnés, de même que de nombreux ateliers.
Malheureusement, au moment de l'assemblée générale
(qui débutait à minuit!) seule une minorité de
participant-e-s étaient encore présent (une
cinquantaine sur environ 200). Rappelons également que
des assemblées générales de grève se tiendront dans
deux cégeps et en Science-sociale à l'Université dans
la région. Parallèlement, la grève de l'UQAM fut
reconduite pour une semaine de plus (sauf que vu que
c'était déjà la semaine de relâche, ça veut pas dire
grand chose). Une manif eu également lieu à Montréal
vendredi, mais pour l'instant, on n'a pas plus d'info
là-dessus.

Et du côté des collabos et du gouvernement?

Le Sommet (officiel) du Québec et de la jeunesse s'est
terminé jeudi soir par une tentative (réussie? seul le
temps le dira) de récupération de la situation par le
gouvernement. Alors que ce dernier annonçait dans les
jours précédent le Somment son intention de discuter
prioritairement du remboursement de la dette, le sujet
ne fut même pas abordé. La raison? Les centrales
syndicales CEQ (enseignement) et CSN ont annoncé
clairement que si on parlait de la dette, elles
quitteraient les lieux. La grogne des syndiqués de la
base qui n'ont toujours pas digéré l'appui donné en
1996 au déficit zéro lors du dernier Sommet, y est
sûrement pour beaucoup. De même, les directions de ces
deux centrales ont du faire face à une fronde
organisée à l'interne ces deux dernières années, ce
qui c'est traduit par des vraies élections menaçant
leur pouvoir lors des congrès, ce qui n'arrive jamais
d'habitude, alors...

Les annonces de clôture pointaient en direction d'un
réinvestissement en éducation (un milliards sur trois
ans), de la reconduction du fonds de lutte à la
pauvreté (pourtant supposément abolit au début du
Sommet) et de la création d'un nouveau fonds d'aide
aux jeunes. De plus le gouvernement annonce également
l'abolition en deux temps de la coupure du chèque
d'aide sociale pour partage de logement de même que
l'indexation en juin des prestations (définitivement
les annonces les plus importantes pour les quelques 50
000 jeunes assistés sociaux du Québec).

Rompre avec les collabos et le P.Q.

Les collabos et le P.Q. vont tout tenter pour faire
croire qu'on a dans les annonces finales la preuve que
tout n'était pas décidé d'avance et qu'ils ont eu
raison (dans le cas des collabos) de participer au
cirque du Sommet. Il faudra dire le plus haut et le
plus fort possible que sans la contestation radicale,
sans la jeunesse révoltée, aucun gain ne serait sorti
de là.

D'ailleur une rencontre secrète entre une poigné
d'organisateurs et d'organisatrice du Contre-Sommet et
les participant-e-s au "vrai" Sommet nous donne raison
à ce sujet. Selon Charles Sainte-Marie, porte-parole
du Contre-Sommet "Ils [les collabos] nous ont
encouragé à continuer [la lutte radicale]. Ils nous
ont dit que le contre-sommet leur poussait dans le
dos, qu'il donnait davantage de poids et d'urgence à
leurs revendications, mais ça n'a pas été plus loin"
(cité dans l'article de Jean-Simon Gagné, dans le
Soleil de samedi le 26 février, p. A-18). Autrement
dit, c'est la jeunesse révoltée, en volant le show,
qui a permis les gains (réel) des "mouvements sociaux"
(factise) présent au Sommet officiel. Bref, on a servi
de marge de manoeuvre!

Charles Sainte-Marie ne s'en rends probablement pas
compte, et les autres organisateurs et organisatrices
de CAP-Jeunesse, mais cette rencontre en elle-même
prouve qu'ils ne font que se gargariser de mots et
qu'ils et elles ne croient pas du tout à la démocratie
directe et au rapport de force. On ne peut pas être à
la fois dans la rue et copain-copain avec les
collabos! Bref, ils et elles réfléchissent exactement
comme les salauds de la FEUQ, ils et elles ne sont que
le reflet, un peu plus radical, d'un même "patern"
autoritaire et antidémocratique, soit la négos sans
mandats de la base.

Le même scénario c'est produit pendant la grève
générale étudiante de 1996. Cette dernière avait été
lancée par le Mouvement pour le Droit à l'Éducation
(MDE, alors beaucoup plus interressant) et menée par
la jeunesse révoltée mais désorganisée. Qui avait
négocié la fin de la grève avec le P.Q.? La FECQ et la
FEUQ, ceux-là même qui l'avait combattu avec la
dernière énergie. 

On ne pourra pas répéter les mêmes erreurs
éternellement... Il faut absolument se retrousser
immédiatement les manches pour battre les
nationalistes et les collabos dans les mouvements
sociaux. Il faut absolument reconquérir l'autonomie
organisationnelle et politique de nos mouvements de
masse. Pas de collaboration avec les collabos! Dehors
les péquistes!

Aux anarchistes : organisons nous !

Les anarchistes et les autres révolutionnaires
démocratiques ont une tâche à remplir dans les
mouvements sociaux : voir à les radicaliser non
seulement dans les moyens de luttes mais également
dans les perspectives politiques. Pour ce faire, il
n'y a pas 36 moyens, il faut organiser le plus de
groupes d'affinités anarchistes possibles dans nos
quartiers, nos lieux de travail et nos écoles. 

Dans beaucoup de cas, l'élément déclancheur d'un
processus organisationnel passe par la création d'un
groupe d'étude qui se réuni sur une base régulière (ce
fut le cas pour Main Noire et Émile-Henry). Un coup
qu'un groupe est formé, c'est un jeu d'enfant de
commencer à intervenir dans la lutte de classe (si les
membres du groupe sont le moindrement militant, ça se
fait presque naturellement!). Les Groupes anarchistes
Émile-Henry (Québec) et Main Noire (Montréal) croient
à l'organisation et tiennent à la disposition de
quiconque en fera la demande un guide d'étude sur le
capitalisme et un autre sur l'organisation anarchiste
(avis aux interressé-e-s).

Camarades, formez vos groupes d'affinités !

Nicolas Phébus
Québec, samedi le 26 février 2000

Groupe anarchiste Émile-Henry :
http://www3.sympatico.ca/emile.henry

Et si on s'organisait (texte sur ce sujet) :
http://www3.sympatico.ca/emile.henry/org.htm


=====
Groupe Anarchiste Émile-Henry:
http://www3.sympatico.ca/emile.henry/

Les conférences de l'Université populaire:
http://www3.sympatico.ca/emile.henry/upop.htm
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