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(fr) RE: La bataille du Sommet de Québec: LA JEUNESSE RÉVOLTÉE VOLE LE SHOW

from worker-a-infos-fr@lists.tao.ca
Date Sat, 26 Feb 2000 03:18:22 -0500


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[Une erreur nous a fait diffusé une version non-finale
d'un texte hier. Toutes nos excuses. Voici la version
finale qui est sensiblement différente de celle
diffusé sur A-Infos.]


"eh les jeunes, ça gaze?"
-Lucien Bouchard s'informant sur l'état de la jeunesse



Mardi soir le 22 février à Québec, une date que nous
ne serons pas prêtEs d'oublier. 1500 personnes
protestent contre le Sommet de la Jeunesse du Québec
(SJQ), les sales porcs de la Sûreté Municipale de
Québec gazent à qui mieux mieux tout ce beau monde. Le
gouvernement annule toutes les activités du SJQ en
soirée. Compte-rendu de deux journées de protestations
riches en solidarité et en combativité.

Le 22 février, dès le début de la soirée, le ton est
l'affrontement. Alors que les manifestantEs ne sont
que quelques centaines, les jeunes opposantEs les plus
décidéEs tentent de forcer leur entrée à l'intérieur
du Grand Thâtre de Québec, le lieu où se déroule le
SJQ (quoi de plus approprié qu'un théâtre pour une
bande de bouffons politichiens qui jouent à la
concertation!). 

Les jeunes révoltéEs saisissent une des barrières de
métal qui bloquent l'accès au Grand Théâtre pour en
faire un bélier, question de tester la solidité des
vitres. D'ailleurs, elles passent le test haut la main
puisque la vitre ne cèdent en rien aux pressions du
bélier d'infortune. C'est après cette tentative que
l'escouade anti-émeute des salauds de porcs de Québec
est déployée, à peine une dizaine d'agents.

Les chiens anti-émeute ne tardent pas à envoyer leur
premières salves de lacrymogènes. Au début, elles
créerent un certain vent de panique, les gens n'étant
pas habituéEs à ce genre d'attaque. En fait, tout le
long de la soirée, des dizaines et des dizaines de
grenades seront catapultés sur la foule qui grossit au
fur et à mesure que débarquent les manifestantEs
provenant de l'extérieur de la ville.  

Les gaz utilisés sont le CS, un des plus puissants
qu'on connaissent. Par contre, les grenades lacrymos
se suivent mais ne se ressemblent pas. Une de celle
qui a fait le plus sensation est une engin qui, une
fois tirée en l'air, explose pour se diviser en quatre
petites grenades lacrymogènes. Les cochons s'amusent
parfois à les tirés à seulement quelques pieds de
distance des manifestantEs, occasionnant de vives
douleurs. CertainEs oppsantEs qui s'approchent de trop
près goûttent aussi aux jets de poîvre de cayenne.

De la résistance courageuse jusqu'à la lâcheté la plus
crasse

Cependant, les manifestantEs les plus résoluEs
organisent la riposte. Divers projectiles sont offert
à la racaille policière: des cocktails Molotov, qui
auront un effet boeuf, en passant par les balles de
neige, tiennent les pourris en respect. Des petites
boules, qui ressemblent à si méprendre à des boules de
billard, sont aussi destinés au effectifs porçins, et
l'une d'elle serait à l'origine d'une blessure au
coude d'un des sales porcs. Seulement une poignée
d'individus eurent la prévoyance de s'équiper de
masques à gaz ou de lunettes de plongées.

Les opposantEs les plus décidéEs se jettent
systématiquement sur les grenades lacrymogènes pour,
soit les relancer aux cochons sales, soit les enterrer
sous la neige. D'ailleurs, plusieurs personnes
boufferont de la neige pour justement neutraliser les
effets gazeux. Tout le monde y a goûtté. Ce fut, pour
l'immense majorité d'entre-nous, notre baptême aux
lacrymos dans ce qu'il convient d'intituler les Jeux
d'hiver de Québec.

Notons que la plupart des organisateurs et trices de
la manif brillent par leur absence lors de ces
affrontements. À aucun moment ne peut-on entendre de
mot d'ordre stratégique, les rares slogans sont
inaudibles et soporifiques (!) malgré le fait qu'un
camion équipé d'un système de flûtes avait bel et bien
été loué par les 'responsables' (!) de la manif. La
résistance des opposantEs fut uniquement le fruit de
l'action spontannée d'individus n'ayant vraiment pas
froid aux yeux. 

Cependant, on ne peut en dire autant de toutEs les
manifestantEs qui étaient là. CertainEs chiaient
littéralement dans leur froc et évitaient d'approcher
de trop près la ligne de front. À un moment donné, un
manifestant fut brutalisé à plusieurs reprises par des
agents en civil sous les yeux de d'autres jeunes qui
n'ont pas levé le petit doigt pour lui venir en aide!!
Il y a quand même des bornes à la lâcheté, tabarnak!!!

Il y a avait aussi les habituelLEs adeptes de la
non-violence, mais ce soir là on peut dire qu'ils et
elles ne tenaient vraiment pas le haut du pavé, pour
ainsi dire, étaient autant, sinon plus, dépasséEs par
l'agression porçine. Il y a avait donc vraiment toutes
sortes de protestataires sur place, des plus aguerriEs
en passant par des jeunes qui en était à leur première
manif. Si la mouvance anar, libertaire ou
anti-autoritaire était présente politiquement et très
active, elle n'en constituait pas pour autant un bloc
compact et semblait plutôt dilluée dans la foule,
comme à l'accoutumée. Il n'y avait pas non plus que
des jeunes, car des gens parfois assez âgéEs,
provenant, pour l'essentiel, du milieu communautaire
ou d'organisations néo(?)staliniennes, étaient de la
partie. 

Des cochons dépassés par les événements

Soulignons l'aspect désastreux de la performance
policière, s'expliquant en partie par le peu
d'effectifs mobilisés pour contre-carrer les
manifestantEs. Les porcs n'ont pu charger et ont du
tenir une position défensive lors du siège du Grand
Théâtre. Cela est sûrement dû au fait que les sales
porcs ont sous-estimé le nombre d'opposantEs qui
viendrait manifester. Les cochons de Québec qui
tentent de compenser leur stupidité par leur brutalité
n'ont pas aider à redorer leur image dans les
massmédias. Un caméraman de Radio-Canada a même été
malmené par les gros-bras-petite-tête en uniforme
durant l'exercice de ses fonctions. Aussi, les
journalistes n'ayant pas été épargnéEs par l'effet des
gaz, certainEs ne se sont pas gênéEs pour leur donner
mauvaise presse, comme on peut le lire dans certains
articles du Soleil, du Devoir et de Voir Mtl. Reste
que le point de vue journalistique demeure toujours
aussi biaisé qu'à longueur d'année: ils continuent
parler de 'violence' quand ça vient du côté opposant,
et de 'force excessive' quand c'est du côté des
cochons...

De plus, nous avons apprit qu'une bonne partie de
bataillons anti-émeute de la Sûreté du Québec (cochons
provinciaux) avaient été affectés à défendre
l'Assemblée nationale, le parlement provincial, située
à quelques dix minutes de marche de là. Comme personne
n'avait eue le projet d'aller assiéger le parlement,
c'est une curieuse idée de la part de la SQ, qui
furent vraiment low-profil lors du siège du Grand
Théâtre. On a pu voir qu'une seule colonne de 20 flics
anti-émeute de la SQ, apparue tard en soirée et
repartie presque aussitôt, laissant leur collègues
porçins municipaux débordés dealer avec la jeunesse
enragée. 

La nonchalance des cochons provinciaux
s'expliquerait-elle par le fait que l'APPQ, le
syndicat des porcs, est en pleine escalade des moyens
de pression sur le gouvernement du Québec, pour lui
arracher une hausse salariale de 7,5%, sans parler de
la guerre de mots entre le syndicat et le nouveau
directeur de la SQ, Florent Gagné, un civil, qui se
fait qualifier de 'Pinochet' (!) dans des tracts que
fait circuler l'APPQ? Pour ma part, je suis d'avis
qu'il faudrait les encourager à entrer en grève
générale illimitée...

Quoi qu'il en soit, le gouvernement a prudemment
cancellé toutes les activités prévus en soirée,
incluant un spectacle 'jeune'. D'ailleurs, plusieurs
familles qui étaient venus pour ce show durent, non
seulement, rebrousser chemin, mais en plus eurent
droit à leur part de gaz lacrymogènes, ce qui a eu
pour effet de doubler leur colère! Pour ce qui est des
déléguéEs du SJQ, la police leur a interdit de quitter
l'édiffice, faisant de ces collabos les otages des
assaillantEs du Sommet pendant plusieurs heures.   

Alors que le Journal de Montréal délirait avec sa une
--"Les jeunes cassent tout"-- l'inventaire de la casse
est somme toute des plus modestes: deux vitres fendues
au Grand Théâtre et une autopatrouille (joyeusement)
vandalisée. Remarquons qu'une visière de casque
anti-émeute fut brisée par un projectile des
manifestantEs, de même qu'un sale flic de merde en a
mangé un en plein les couilles (bien fait pour toi,
fumier!). Nous devons déplorer qu'une personne a dû
être hospitalisée après avoir un reçut un coup de
matraque au ventre. Au moment de notre départ de
Québec, hier soir, cette personne reposait toujours à
l'hôpital, les médecins lui ayant diagnostiqué des
troubles au niveau respiratoire. 

Blocus matinal

Le 23 février, la journée de protestation commence tôt
en matinée, avec une centaine de manifestantEs se
joignant au blocage du Centre des congrès de Québec
organisée par le MDE (Mouvement pour le Droit à
l'Éducation, gauche étudiante présentée à tort dans
plusieurs journaux comme étant "associée au mouvement
anarchiste", probablement par désinformation des
services de renseignements politiques policiers).  Les
gros porcs puants ont arrêtés quatre personnes sans
ménagement. Les cochons sadiques se sont amusés à
frapper tour à tour un des arrêtés alors qu'il était
menotté avec des attaches de plastique (tye-wrap) et
coincé entre deux rangés de flics de merde. Un autre
des arrêtés avait ses tye-wrap attachées si serrées
qu'elle laisent des marques mauves sur ses poignets,
et, comme si ce n'était pas assez douloureux les
brutes lui ont coupé la peau avec des ciseaux au
moment de les lui retirer.

Lorsque nous avons apprit ces arrestations, nous
étions à la tribune populaire du Contre-Sommet,
organisé par CAP-Jeunesse (Coalition Autonome
Populaire- Jeunesse). Un débat ouvert fut entreprit
pour savoir quoi faire à leur sujet et on a entendu
des interventions honteuses appelant à poursuivre
l'ordre du jour du Contre-Sommet comme si de rien
n'était... Heureusement, la solidarité a prévalue et
plus de 200 personnes prirent spontannément la rue
pour réclamer la libération immédiate et
inconditionnelle de toutes les personnes arrêtées. 

Manif de solidarité

Les manifestantEs sont arrivéEs au poste de police
central où une dizaine de policiers les attendaient
déjà, le Contre-Sommet étant probablement infiltré par
de cochons-doubles. Les agents municipaux nous ont
alors informés que les arrêtéEs avaient été
transferréEs au Palais de (l'in)Justice. Nous nous
sommes alors rendus là, et une fois encore, les porcs
nous avaient précédés. Cette fois, ils nous bloquaient
carrément l'accès au Palais, avec une ligne de 7 ou 8
porcs postés devant la porte principale. La colère
grondait dans les rangs manifestantEs, mais la foule
était divisé sur les moyens à prendre, certainEs
scandaient 'non-violence', d'autres voulaient tout
simplement foncer dans le tas. 

Étant moi-même loin d'être convertit à la
non-violence, j'étais néanmoins d'avis que cette
option n'était pas du tout souhaitable, et ce, pour
deux raisons: 1) les cochons anti-émeute nous
attendaient à l'intérieur et il était peu certain que
nous arrivions à avoir le dessus sur eux; 2) un tel
affrontement aurait eu pour conséquence de repousser
au lendemain la compuration de nos camarades
emprisonnéEs et ne les aurait certainement pas aidéEs
à faire bonne figure au près de la Cour. 

Pendant que des pourparlers se tenaient avec les
autorités, un jeune cagoulé a tenu bon de rappeler
qu'il y a deux ans, en janvier 1998, une cinquantaine
de cochons municipaux étaient venus manifester au
Palais de (l'in)Justice sur leur heures de travail et
avec les armes à feu pour montrer leur solidarité avec
un de leur collègue accusés d'avoir fracassé le crâne
d'un jeune de 16 ans à coups de mag-light (lampe de
poche), un incident qui avait suscié énormément
d'émois au niveau médiatico-politique. Si eux le
peuvent, pourquoi pas nous?!?! Élémentaire, mon cher
Watson, parce que la Ville de Québec est un État
policier!!!! Finalement, une délégation de 20
manifestantEs fut autorisée à assiter aux procédures.
Cependant, l'anti-émeute est débarquée, au même moment
où arrivait... pizza qu'avait commandée les
manifestantEs qui attendaient la sortie des camarades.
Aussi, les grosses brutes replièrent rapidement
baguages.

En bout de ligne, trois des quatre arrêtéEs furent
remisE en liberté. La 4ième resta détenue à cause de
son statut de minuere (elle a 17 ans), signifiant que
ses parents doivent faire le voyage pour venir la
chercher (nous ne savons pas au moment d'écrire ses
lignes ce qu'il en est [Re-Note d'A-Infos, elle a été
libéré jeudi en après-midi aux mêmes conditions que
les autres et subira un procès en mars sous les mêmes
chefs d'accusation]). Quant aux autres arrêtés, l'un
deux fait face à des charges de 'participation à une
émeute' et de 'voies de fait sur un cochon de la paix'
(rappelons que le blocage était ultra-pacifiste).
Comme le veut la tradition de répression politique de
la Vieille capitale, les conditions de remise en
liberté sont typiquement draconiennes: couvre-feu de
23hrs à 7hrs, interdiction de séjour dans le district
de Québec et interdiction de particper à des réunions
politiques destinées à organisées des
manifestations!!! 

Comme ces conditions constituent un châtiment avant
jugement, faisant fi de toutes présomption
d'innoncence, et qu'elles demeurent d'ici la fin des
procédures judiciaires, il reste à souhaiter que
l'avocat de la défense entreprendra au plus vite des
requêtes en modification de cautionnement. De plus,
les arrêtéEs devront recevoir tout notre support tout
au long de cet interminable calvaire judiciaire qui
les attends, c'est-à-dire en argent, pour couvrir les
frais de déplacement Montréal-Québec, et  en
mobilisation pour ne pas qu'ils et elles aillent à la
Cour toutE seulE. 

Dans l'éventualité d'un verdict de culpabilité, il est
à craindre que la Cour fasse preuve de sévérité comme
par le passé pour les personnes associées aux
'émeutes'. Nous avons déjà vu des gens sans casier
judiciaire recevoir des sentences aussi élevées que 6
mois d'emprisonnement uniquement pour une charge de
'participation à une émeute', classée comme 'crime
dangereux' par les autorités carcérales qui le mette
au même pied d'égalité que les crimes de violence et
ceux reliés à la guerre des biker. 

Un fiasco épouvantable pour le PQ

Encore reste-t-il à tirer le bilan politique du
Sommet, qui doit officiellement prendre fin
aujourd'hui. Ce qui est clair, c'est qu'il s'agit du
pire fiasco pour la politique concertationnaire du
Parti Québécois de Lucien Bouchard et ce, pour
plusieurs raisons: 

1) comme à Seattle, la rue a volée la vedette aux jeux
de pouvoir élitistes; 

2) malgré le fait que le PQ ait prit la peine de trier
sur le volet les jeunes invitéEs à y participer sur la
base de leur modération, cela n'a pas empêcher ces
dernierEs de se sentir manipuléEs par le gouvernement
et de taper du poing sur la table, obtenant ainsi la
modification de l'ordre du jour prédéfini lors de la
première journée des travaux; 

3) vu le caractère 'relations publiques' de
l'événement, la couverture médiatique très défavorable
ajoute au plomb dans l'aile à ce Sommet qui ne vole
définitivement pas haut. 

On en tient pour preuve que le lendemain de la soirée
au gaz, l'infecte ministre de l'éducation, Legault, a
proposé de rencontrer les opposantEs réuniEs au
Contre-Sommet, une provocation rejetée du revers de la
main comme il se doit, mais qui dénote néanmoins que
le PQ a comprit qu'il a perdu énormément de plumes et
qu'il cherche aujourd'hui à se racheter.  

Il sera interessant de voir quelles seront les
retombées de cette formidable expérience de lutte pour
toute la mouvance militante radicale et jeune,
incluant dans le milieu étudiant. À première vue, il
semble que les habituels déchirements sur ce
faux-débats qu'est violence/non-violence n'aient pas
eu lieux, du moins il n'en a pas été question au cours
de la tribune populaire durant l'avant-midi du 23
février. L'autodéfense militante, après des années de
salissage de toutes parts par les massmédias et les
Duhamerdistes, serait-elle enfin en train de retrouver
ses lettres de noblesse grâce au déploiement sauvage
de violence policière contre les manifestantEs en
particulier et contre les prolos et les jeunes en
général? Seul le temps pourra le dire.

Ce qui est clair pour moi, c'est que la place où il
fallait être hier et avant-hier, c'était à Québec, et
que si les absentEs n'ont pas forcément toujours tort,
eh bien que dans ce cas-ci, oui, vous aviez tort! 


bob
Montréal, 24 février 2000

À MORT LES PORCS DU QUÉBEC ET DU MONDE ENTIER!

RENSERVONS NOTRE GOUVERNEMENT AUTORITAIRE AU PLUS
VITE!!

LONGUE VIE À LA JEUNESSE INSURGÉE, PUISSIEZ-VOUS NE
JAMAIS RAMOLIR COMME LES AUTRES QUI NOUS ONT
PRÉCÉDÉS!!! 
 
JOIGNEZ-VOUS À LA PROCHAINE JOURNÉE INTERNATIONALE
CONTRE LA BRUTALITÉ POLICIÈRE, LE 15 MARS 2000!!!!
(contactez le cobp: cobp@hotmail.com)
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