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(fr) Intense mobilisation à Montréal à quelques jours du Sommet de la jeunesse

from mbubuv@yahoo.com
Date Sun, 20 Feb 2000 01:42:10 -0500


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      A - I N F O S  N E W S  S E R V I C E
            http://www.ainfos.ca/
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MONTÉE DE LA TENSION SUR LE FRONT DE LUTTE ÉTUDIANT À
QUELQUES JOURS DU SOMMET DE LA JEUNESSE!!

+ RÉPRESSION POLICIÈRE AU CÉGEP DE ST-LAURENT!!
+ GRÈVE À L'AGEsshalcUQAM!!
+ MANIFESTATION CONTRE LA RÉPRESSION POLITIQUE!!

MONTRÉAL. À quelques jours du Sommet de la Jeunesse du
gouvernement du Québec de Lucien Bouchard, l'agitation
gronde dans les milieux de la gauche étudiante.
Rappelons que cette grande messe de la concertation
s'inscrit dans la lignée des autres Sommets
socio-économiques, tenus en 1996, avec le patronat,
les syndicats et autres socio-capitulards, et avec
pour résultat l'imposition d'un régime d'austérité
budgétaire sous la banderolle du Déficit Zéro, qui n'a
pas encore fini d'affamer les pauvres, de faire
déborder les urgences et de restreindre l'accès et la
qualité des services publics à la population. 

Le PQ (Parti Québecois), au pouvoir depuis 1994, est
passé maître dans l'art de fabriquer des
consensus-bidons grâce à tous les arrivistes-collabos
qui se bousculent aux portes du gouvernement pour
mousser leur propre visiblité. En misant pour la
politique concertationniste, le PQ a pu mener à bien
sa mission de déteriorer dramatiquement nos conditions
de vie sans que les eaux dormantes de la paix sociale
se fassent trop remuées... en surface.

Ainsi, le PQ convoque la jeunesse, ou plutôt ses
représentantEs autoproclaméEs, au Sommet afin de faire
le grand saut dans... l'abîme. Comme l'on si bien dit
ses opposantEs, l'agenda du Sommet est celui des
grandes entreprises, consistant à exploiter
l'inépuisable de jeunes sans-emploi afin de les
re-diriger le marché de la main d'oeuvre à bon marché
pour mieux répondre, et je cite, "aux défis de la
mondialisation".  

Cette semaine, des associations étudiantes qui avaient
fait votées des levées de cours en vue de mobiliser
pour protester contre le Sommet de la Jeunesse se
bûtent au refus de l'administration de les autoriser.
Dans trois cégeps, ceux de Maisonneuve, de St-Laurent
et du Vieux-Montréal, la direction de l'établissement
n'a pas reconnu le vote tenu en assemblée générale. Si
les levées de cours ne sont pas autorisées et que les
profs les donnent pareil, cela pourrait avoir pour
effet de pénaliser les étudiantEs qui s'abstiendront
d'y aller.

Selon le bruit qui cours, cette attitude
intransigeante des administrations dans les trois
cégeps ne serait pas étrangère à une rencontre entre
les directeurs et directrices de ces mêmes
établissements collégiaux et des représentantes du
gouvernement du Québec, à Québec, la semaine
précédente. Selon toute vraisemblance, donc, le
gouvernement du Québec, à une semaine de son Sommet de
la Jeunesse, a commandé une job de bras aux directions
des cégeps pour serrer la vis à la contestation
étudiante en partance de Montréal.

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Répression policière au cégep de St-Laurent

Le mercredi 16 février, au début de 13h, une
quarantaine d'étudiantEs entreprennent l'occupation du
couloir donnant sur le bureau de l'administration du
cégep St-Laurent. L'occupation est tout ce qu'il y a
de plus pacifique, et a pour but de s'opposer au refus
de la directrice du cégep, Mme Maybel Garneau,
d'autoriser la levée de cours qui fut votée en
assemblée générale le 9 février dernier. Plus de 750
signatures furent ramassées en l'espace de 24hrs pour
soutenir la levée de cours de trois jours.

La direction du cégep contacte le SPCUM (Service de
Police de la Communauté Urbaine de Montréal) et une
dizaine d'agents casqués/bâtons arrivent sur les
lieux. Des pourparlers s'ouvrent entre des étudiantEs
occupantEs et le sergent Cournoyer. Le sgt Cournoyer
promet que toutEs les occupantEs seront  amnistiéEs en
donnant sa parole rassurante: "Si j'dit que j'va
arracher la tête de quelqu'un, j'l'arracher".  

Or, il n'en sera rien (de l'amnisitie, bien entendu).
Vers 21h30, aussitôt que les étudiantEs  mettent fin à
l'occupation en coupant les cadenas et en ouvrant les
portes, suite à la lecture de l'avis d'éviction, les
policiers se mettent à interpeller toutEs les
occupantEs, unE à unE. Une personne est rapidement
arrêtée pour "entrave" et "méfait" et sera détenue au
Centre-Opérationnel Ouest jusqu'à une 1hr du matin.

Quant à la quarantaine d'autres participantEs, les
policiers les accusent par voie de sommation sur
promesse de comparaître, signifiant que des
accusations de "méfait" pourraient aussi être portées
si un procureur de la couronne en autorise la
poursuite. De plus, toutes ces personnes se font
coller une tache dans leur dossier scolaire (ça ne
prend que deux taches pour être expulséE) par la
direction du cégep, qui menace aussi d'intenter des
poursuites en diffamation relativement au contenu de
certaines banderolles accrochées lors de
l'occupation!!

Cette même journée du 16 février avait lieu la manif
de du mouvement étudiant corporatiste piloté par la
FEUQ (Fédération Étudiante Universitaire du Québec).
Organisée à gros budget (Concertation Jeunesse, qui
châpeautait s'était même payée des annonces sur les
afficheurs électroniques dans les wagons de métro et
dans le journal VOIR!!), la manif n'a pourtant attirée
que 1000 étudiantEs, soit bien en-dessous de sa
capacité de mobilisation mise en ouevre par le passé.
L'habituelle police étudiante (service d'ordre),
équipée de brassards blancs au bras et de paires
d'écouteurs pour recevoir les ordres, n'aura pas de
difficultés à gérer la foule. 

Cependant, la manif aura fait ressortir la division
dans le mouvement étudiant autour de la participation
au Sommet. La FEUQ sera à la fois aux côtés du
gouvernement du Québec tout en se joignant à la
Coalition Autonome Populaire- Jeunesse (CAP-Jeunesse),
qui organise le Contre-Sommet, une position
typiquement politicienne qui ne surprend personne,
mais qui fut dénoncée par les manifestantEs du MDE
(Mouvement pour le Droit à l'Éducation) présentEs sur
place avec leur propres pancartes.

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Grève à l'AGEsshalcUQAM

Contre toutes attentes, la grève est votée à
l'AGEsshalcUQAM (Association générale des étudiantes
et étudiants des secteurs, arts, lettres, sciences
humaines et communication de l'Université du Québec à
Montréal: un nom à couper le souffle!) lors d'une
assemblée d'environs 1500 personnes, le 17 février. La
grève, qui touche 14,000 étudiantEs, est effective
jusqu'au vendredi 25 février. Dans les heures suivant
le vote, des graphitis peints en rouge tels que
"Révolution étudiante", apparaissent sur certains
murs.

Cependant, on est encore loin de Mai '68. Les motifs
d'insatisfaction à l'UQAM, de même que les moyens à
prendre pour y remédier, sont plutôt divers, comme on
peut le contaster en allant foutre son nez dans les
assemblées générales. CertainEs étudiantEs se
contentent de se plaindre du sous-financement des
universités, d'autres n'ont toujours pas digéréEs les
66 arrestations du 24 novembre dernier, tandis que
certaines franges radicales tentent de saisir le
momentum pour pousser vers une expérience
d'autogestion. Le souçi de maintenir une image de
citoyenNEs universitaires 'respectables et
responsables' est aussi omniprésent parmi plusieurs
étudiantEs, sans parler de l'AGEsshalcUQAM, qui, à
titre de membre de la FEUQ, en fait une véritable
fixation. Au point où, hier, en A.G., l'AGEsshalcUQAM
est parvenue à faire voter que le 'Conseil Général de
Grève' se dissocie, et même, "dénonce", les graphitis
pro-grève! (à noter que le terme "dénonce" fut rajouté
à la proposition par le responsable de l'asso, Daniel
Vigneault, un manipulateur hors pair).      

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Manifestation contre la répression politique

Hier, le vendredi 18 février, se tenait la
manifestation contre la répression politique
co-organisée par une dizaine d'organismes, incluant
une majorité d'associations étudiantes, mais aussi des
groupes de défense des droits, comme le COBP, le MAJ,
la Ligue des droits et libertés, etc. Près de 300
personnes répondîrent à l'appel et prîrent
paisiblement les rues du centre-ville dans un espèce
de pèlerinage des lieux où le SCPUM a fait preuve
d'une répression antisociale démesurée ces dernières
années.

Ainsi, après s'être donnéEs rendez-vous à la Place
Pasteur, une place publique fréquentée l'été par les
jeunes sans-abri et louée à l'UQAM pour dix ans, les
manifestantEs se sont remmémoréEs les 66 arrestations
du 24 novembre 1999 (angle Ste-Catherine/St-Denis),
les assassinats constabulaires de Martin Suazo
(31.5.95) et de Jean-Pierre Lizotte (05.9.99) sur le
boulevard St-Laurent, la chasse aux pauvres au Carré
St-Louis, et le raïd policier du 29 juillet 1996 au
carré Berri qui se conlua par 76 arrestations, toutes
plus illégales les unes que les autres. Le cortège,
qui déambulait au son assomant de barils de métal, a
terminé sa route sans incidents à l'intérieur des murs
de l'UQAM.

Avec plus de 1300 arrestations au cours de
manifestations entre 1995 et 1999, l'ampleur de la
répression policière contre les activistes
contestataires est devenue un obstacle concret à la
construction d'un mouvement d'opposition autonome et
offensif contre les forces asservissantes du Capital.
Plus que jamais, il importe de resserer nos rangs et
de briser l'isolement des luttes sectorielles pour
combattre l'ennemi en bleu et en veston cravate. 

C'EST DANS CET ESPRIT DE RÉSISTANCE SOLIDAIRE QUE NOUS
RÉPÉTONS NOTRE APPEL À VOUS JOINDRE À LA PROCHAINE
JOURNÉE INTERNATIONALE CONTRE LA BRUTALITÉ POLICIÈRE,
LE 15 MARS 2000! 

(pour davantage d'infos, contacter le COBP par le
biais de notre boîte vocale 859-9065, ou encore par
e-mail cobp@hotmail.com) 

-Bobov
Montréal, samedi 19 février

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