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(fr) France : anti-nucléaire

from ocl_relex@hotmail.com
Date Fri, 18 Feb 2000 21:49:59 -0500


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      A - I N F O S  N E W S  S E R V I C E
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Transparence pour les yeux crevés

L'incident qui s'est produit dans la nuit du 27 au 28
décembre à la centrale de Braud-Saint-Louis, dans le
Blayais, montre deux choses :

1. Avoir frôlé l'incident majeur confirme l'impérieuse
nécessité de stopper immédiatement la folie nucléaire.

2. Que la « transparence » ce nouveau concept branché
qui appartient à la panoplie du « Politiquement
correct » n'a de sens que si elle s'applique à toute
la chaîne de la transmission de l'information. Qu'un
seul maillon soit réticent ou déficient et elle n'est
plus qu'un leurre de plus à l'adresse des naïfs
démocrates.


Qu'en a-t-il été de la transparence ?

Examinons les communications de l'autorité de sûreté
nucléaire.

Le 28 pas moins de trois communiqués font état de
l'incident : le premier indique que trois des quatre
réacteurs (le 4e était déjà à l'arrêt pour entretien)
ont été mis à l'arrêt entre 21 heures et Oh3O du fait
de l'entrée des eaux dans les bâtiments ; le plan
d'urgence interne a été mis en oeuvre à 9 heures du
matin et les pompiers appelés en renfort. Le second, à
midi, fait état du risque encouru : la perte du
système de refroidissement par le fleuve du réacteur
numéro 1 ; le pompage est en cours et l'incident
classé au niveau 1 par la DSIN. À 19 heures un
troisième communiqué prétend que le pompage est en
voie d'achèvement et que les moteurs de la pompe de
prise d'eau vont être changés permettant ainsi à la
centrale de refonctionner dans les 48 heures.
L'incident est toujours classé en niveau 1.

Le 29 décembre, trois communiqués encore. Dans le
premier, l'incident a été reclassé au niveau 2 par la
DSIN et le pompage est toujours en cours. Quelques
heures plus tard, le second fait état de grosses
difficultés pour réussir le pompage. Enfin le
troisième, en fin d'après midi, indique que de
nouveaux moyens ont été mis en oeuvre pour l'opération
de pompage.

Le 30 nous sommes heureux d'apprendre dans la matinée,
que les locaux sont enfin au sec et que le réacteur
numéro 4 redémarre, mais que les travaux se
poursuivent pour remettre en usage la pompe destinée
au refroidissement. Dans l'après-midi nouvelle
précision : les deux systèmes de sauvegarde des
réacteurs 1 et 2 (injection d'eau de sécurité dans les
réacteurs et système d'aspersion dans l'enceinte du
réacteur) sont en cours de réparation.

Le 31 décembre ont s'attend à ce qu'un nouveau
communiqué annonce la remise en marche, le délai de 48
heures annoncé le 28 étant dépassé... mais silence
radio. Il faut attendre... le 5 janvier 2000 pour
apprendre que les pompes ont été - provisoirement -
remises en état. Puis le 21 un dixième communiqué nous
informe qu'il n'y aura pas de redémarrage de la
centrale avant la remise en état de certains circuits
de sauvegarde endommagés.


Que tirer de cette liste exhaustive ?

D'abord qu'elle n'a nullement été répercutée par les
médias. Seul Sud-Ouest, mais une semaine après, en a
fait sa Une. Rien de détaillé ni sur le fond dans les
autres titres de la presse régionale. Quant à la
presse nationale, c'est seulement dix jours après que
Le Monde s'est fendu d'un tiers de page plus ou moins
informatif. Les radios ? Prenons le cas de
France-Inter. Le 9 au matin un auditeur téléphone en
direct à 8h5O pour demander des précisions sur
l'incident du Blayais. Le journaliste est alors
incapable d'en donner. Une semaine après, dans la même
émission, un journaliste lance un billet d'humeur
s'indignant de l'absence de transparence d'EDF qui
avait laissé les médias ignorants. Or il est évident
que les rédactions, alertées par les communiqués de la
sûreté nucléaire et par le coup de téléphone donné par
l'auditeur en direct une semaine plus tôt, pouvaient
enquêter, questionner et alerter 1-opinion publique ».
Cela n'a pas été fait !

Dominique Voynet, elle même, deux semaines après les
événements a protesté contre le fait qu'elle n'aurait
pas été informée. Même si on peut se douter qu'EDF et
les autorités de sûreté n'ont pas comme réflexe
premier de collaborer avec le ministère de
l'Environnement et avec les Verts, on peut quand même
être certain que la ministre était au courant qu'une
cellule de crise s'était réunie au ministère de
l'Industrie dans la nuit du 27 au 28 ; et que cette
cellule de crise avait envisagé l'hypothèse d'une
évacuation des populations avoisinantes. Elle ne
pouvait que savoir, et les Verts avec, qu'un grave
incident s'était produit cette nuit-là. Sachant
probablement lire, elle pouvait, comme nous, prendre
connaissance des communiqués précités. Et pourtant,
pas de déclaration, pas de conférence de presse, rien.
Les attaques dont était l'objet la ministre concernant
son attitude vis-à-vis de la marée noire occupaient
davantage l'aréopage des Verts qu'un grave incident
dans une centrale nucléaire. Il en allait de la
crédibilité de la participation au gouvernement et des
futurs scores électoraux. Le fondement ontologique des
Verts, l'antinucléaire, est bel et bien en train de se
dissoudre dans le puits sans fond de la politique
politicienne.


Des axes de lutte pour les mois à venir

Ceci pour dire qu'il est de plus en plus urgent que le
mouvement réellement antinucléaire s'engage clairement
sur la revendication d'arrêt immédiat de la filière.
Tout montre que cela urge : les incidents qui se
multiplient, l'impatience des militants à réagir au
plus vite et plus directement, une relative
remobilisation qui, sans tomber dans le triomphalisme,
indique que les combats à venir réuniront davantage de
monde que dans les dernières années. Car outre les
incidents qui ne cesseront pas, deux axes sont à
prendre en considération qui peuvent permettre de
raffermir cette mobilisation autour d'une exigence
claire et nette : Stop maintenant et pas dans 20 ans.

Le premier, c'est la multiplication des exercices
nationaux d'évacuation dans le cadre des PPI, qui vont
se multiplier. Ces plans particuliers d'intervention
ont comme objectif d'assurer la protection de la
population et... l'ordre public » dans le cas du «
plus grand accident raisonnablement envisageable »
(c'est-à-dire un accident qui ne rejette pas de
matières radioactives avant 24 heures !). On sait ce
qu'il en a été du précédent exercice réalisé à
Nogent-sur-Seine (voir CA décembre 1999) dans lequel
rien ne s'est passé comme prévu et qui n'a même pas
frôlé le ridicule : il est tombé en plein dedans. Il y
a là matière à intervenir pour montrer que l'accident
majeur est envisageable et envisagé, et à quel point
les autorités n'ont aucune réponse à apporter dans ce
cas de figure.

Le second concerne l'enfouissement des déchets. Après
la désignation de Bure, dans l'Est, suite aux
premières études réalisées par l'ANDRA, cette dernière
vient de dresser la liste de quinze autres sites
potentiels rendus publics par le Réseau Sortir du
nucléaire. Or on constate que parmi ces sites on
retrouve Neuvy-Bouin dans les Deux-Sèvres où s'était
manifesté pendant des années un refus puissant de la
population, et le Sud de la Vienne (L'Isle Jourdain)
proche de La Chapelle Bâton où, la aussi, l'opposition
avait été active. De belles luttes en perspectives !

Le Réseau Sortir du nucléaire a, par ailleurs,
programmé une semaine d'action du 24 au 30 avril «
pour un xxie siècle sans nucléaire ». Suite aux
tripatouillages qui avaient été à l'origine de
l'annulation de la manif centrale et parisienne du 28
novembre (voir les numéros de CA de novembre et
décembre 1999), le Réseau a opté, à juste titre, pour
des actions décentralisées, locales ou régionales. Une
occasion pour faire émerger des positions clairement
antinucléaires et un mouvement indépendant des partis
et de la politique politicienne. Il est clair qu'on ne
peut à la fois défendre des positions antinucléaires
nettes et ménager le pouvoir en place qui gère le parc
et veut le prolonger de manière totalement
irresponsable.

Article tiré de Courant alternatif n° 96-février 2000

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