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(fr) Sommet du Québec et de la jeunesse, le consensus à CASSER !

from worker-a-infos-fr@lists.tao.ca
Date Tue, 15 Feb 2000 06:10:37 -0500


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      A - I N F O S  N E W S  S E R V I C E
            http://www.ainfos.ca/
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Ce qui suit est un extrait du dossier sur le sommet de
la jeunesse du numéro d'hiver de Rebelles, un journal
socialiste libertaire québécois. Notez que de nombreux
groupes, dont Rebelles, appellent à MANIFESTER à
Québec contre le Sommet, le 22 février prochain
(rassemblement à 18 h 30 devant le Grand Théâtre, 269
René-Levesque). Des autobus partiront de Montréal
--info : (514) 278-2211, c'est le numéro de la
Coalition Autonome Populaire Jeunesse-- et de
différentes régions du Québec --entrez en contact avec
avec CAP-Jeunesse ou le MDE, (514) 847-1051, pour en
savoir plus.
                             -l'ouvrier d'a-infos-fr
-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-

--Sommet de la jeunesse--

Le consensus à
C  A  S  S  E  R !

[Intro du dossier] - Le Sommet du Québec et de la
jeunesse n'a pas encore eu lieu que le gouvernement
Bouchard prépare déjà ses projets de loi avec l'entête
: «Étant donné les consensus dégagés au Sommet...».
Comme les sommets socio-économiques de 1996,
l'événement vise à légitimer des politiques
anti-sociales qui donnent préséance aux intérêts du
mande de la business. Les délégué-e-s des
organisations jeunesses, syndicales et communautaires
obtiendront une reconnaissance publique en échange de
leur consentement.

Les textes qui suivent [ou plutôt qui suivront dans
les prochains jours, note d'A-Infos] parlent des
orientations politiques données à ce Sommet, montrent
les stratégies de l'État pour manipuler l'opinion
publique et évacuer toute possibilité de prise de
décision démocratique, identifient les acteurs qui se
prêtent à la mise en scène. Heureusement, d'autres
organisations refusent de participer à ce Sommet et
planifient des activités de dissidence.

Rebelles se joint à ceux et celles qui dénoncent ce
Summum de l'anti-démocratie et de la soumission au
marché. Nous espérons que les invité-e-s syndicaux,
étudiants et communautaires vont déchirer leur carte
d'invitation en public au lieu de mettre encore le
pied dans l'engrenage. [Fin de l'intro]

                    *  *  *  *  *

--> un texte de Louise Boivin (Rebelles)

Un des principaux objectifs du Sommet du Québec et de
la jeunesse, qui se tiendra du 22 au 24 février 2000,
consiste à «établir des consensus sur les moyens à
prendre pour réussir les défis de la mondialisation et
de la compétitivité», lit-on sur le site web du
Sommet, intégré dans le site des deux sommets
précédents. Ces défits là on les connaîts : diminuer
les coûts de la main-d'oeuvre et les impôts des
compagnies, amputer les services publics et les
programmes sociaux pour augmenter la charge sur le dos
des femmes, abaisser les normes sociales et
environnementales, produir plus... de produits
toxiques, assujettir encore plus l'État, donc les
ressources collectives et le pouvoir politique, aux
intérêts des entreprises et investisseurs privés.

Pas de doute, même si le gouvernement Bouchard veut
faire croire qu'il a à coeur l'avenir des jeunes : la
mascarade du Sommet de la jeunesse, des sommets de
1996 sur le déficit zéro et des rencontres de la sorte
au plan international, vise bel et bien à construire
un semblant de légitimité pour des politiques
néolibérales totalement illégitimes.

Il suffit de lire les communiqués de presse et les
documents gouvernementaux en vue de ce Sommet pour
constater les orientations tracées. Et à voir comment
le gouvernement Bouchard a distribué les sièges et
orchestré le consensus lors des sommets de 1996, il
est difficile d'envisager un revirement. Le Sommet de
la jeunesse est conçu sur le même mode
anti-démocratique : des «décideurs» des Sommets
précédents --soit des délégué-e-s désignés par le
gouvernement provenant du monde des affaires, des
municipalités, des syndicats, des groupes
d'employabilité et du milieu «socio-communautaire»--
réunis avec des représentant-e-s d'organismes
jeunesses sélectionnés devront en arriver à des
consensus. Dans ce genre de Sommet, le consensus se
définit plus durant les tractations nocturnes et dans
les coulisses qu'autour de la table. Les pressions
pour y adhérer sont fortes et les discussions à huis
clos (sans médias) servent à les accroître. Certains
acteurs sont plus écoutés et ont plus souvent le droit
de parole que d'autres.

Cette fois, le Sommet de la jeunesse est précédé de
consultations régionales organisées par les Conseils
régionaux de développement (des instances de
concertation État-patronat-syndicats-communautaire) et
les Forums jeunesses régionaux qui y sont rattachés.
Là aussi, des personnes «désignées» devront décider de
recommandations qui seront soumises aux «décideurs»
lors du Sommet de février 2000. Le gouvernement ne
prend pas de chances : il envoie ses propres
«rapporteurs» en région pour aider à «dégager» les
consensus...

Des «Chantiers» de travail autour de quatre thèmes ont
aussi été formés pour dégager, de manière
consensuelle, des recommandations à soumettre au
Sommet, sous la présidence d'une «personnalité» sénior
et de jeunes qui, pour la plupart symbolisent la
«réussite». Il semble que les séniors prennent
beaucoup plus de place que les juniors dans les
discussions. La relève fait son apprantissage du
pouvoir.

Enfin, pour apposer l'estampe «jeunesse» à
l'événement, le gouvernement s'est assuré de la
fidelité d'un grand nombre d'acteurs «jeunesse» dans
un comité aviseur jeunes appelé «Comité des jeunes du
Sommet du Québec et de la jeunesse». Une trentaine
d'organisations «jeunesse», dont un grand nombre dans
le secteur des affaires et de l'insertion en emploi,
constitue ce «comité» qui ne se réuni pratiquement
jamais et qui n'a aucun mandat populaire. Un bonne
partie du comité sera probablement invité au Sommet
[ce fut effectivement la cas].

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L'emploi et l'insertion

Le choix des thèmes et l'orientation des chantiers
présentés dans le document intitulé «Sommet du Québec
et de la jeunesse -Éléments de réflexion» publié par
le gouvernement du Québec sont révélateurs. Encore une
fois, la réthorique sur l'emploi occupe le centre de
la scène pour nous faire accepter l'idée d'une société
à deux vitesses et le nivellement par le bas,
compétitivité oblige. Dans le premier des cinq
chantiers intitulé «Relever les défits de l'emploi»,
l'une des voies privilégiées pour la création d'emploi
identifiée est l'entrepreneurship (le démarrage
d'entreprises). PRofitant de l'occasion, l'Association
des services d'aide aux jeunes entrepreneurs du Québec
(ASAJE) a proposé, lors d'une rencontre avec la
présidente des chantiers du Sommet, qu'il y ait des
formations en entrepreneuship dans toutes les écoles,
spécifiant que ce ne sont pas les jeunes mais les
directions d'école qui sont réticentes !

L'autre voie de création d'emploi que le gouvernement
identifie est l'économie sociale, dont les domaines
ciblés sont le tourisme et la culture. On espère
peut-être y avoir moins de bâtons dans les roues que
dans le secteur de la santé et des services sociaux
pour instaurer des programmes de cheap labor et des
projets «rentables». L'économie sociale fait partie de
cet espace intermédiaire en croissance, entre le
marché du travail et le chômage, que l'on présente
comme un ensemble de lieux d'«insertions» pour les
sans-emploi mais qui servent plutôt à précariser
l'emploi, à maintenir la discipline du travail, à
marchandiser les activités communautaires et à
dévaloriser le travail réalisé par les femmes. Ce
vaste marché de l'insertion en emploi, que le Sommet
de la jeunesse vise à légitimer, fait déjà saliver des
invités comme les groupes de développement de
l'employabilité et les Carrefours jeunesse emplois
(CJE), des organisations programmées par l'État qui se
targuent de répondre aux besoins de la «communauté».

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L'école au service du marché

Les orientations du Chantier intitulé «Parfaire le
savoir et la formation» sont empreintes de la vision
utilitariste. Il est question d'augmenter les liens
écoles-employeurs et d'«arrimer» en partie les
programmes d'études aux besoins des entreprises. Le
document gouvernemental parle strictement de
«formation»... sauf quand il décrit l'éducation comme
un moyen d'accroître la «capacité d'adaptation du
Québec aux changements continentaux et mondiaux»,
entendre au libre-échange commercial. Les disparités
filles-gars à l'école sont mentionnées sans que ne
soit questionnée la socialisation sexiste des garçons
et des filles, pas plus que la réduction des
ressources publiques attribuées aux écoles.

«Le personnel enseignant et professionnel du réseau de
l'enseignement dispose de ressources limitées» dit le
document. Il faut donc faire appel à d'autres
«partenaires» comme les municipalités et les groupes
communautaires qui «offrent d'importants services aux
jeunes». Le propos est semblable dans l'énoncé de
pistes d'action du troisième chantier intitulé
«Promouvoir une société équitable». La lutte à la
pauvreté doit passer par la mobilisation des
ressources locales (familles, services publics, milieu
communautaire, intervenants sur le marché du travail,
etc.). On parle de jeter les bases d'une «nouvelle
solidarité». Bien paradoxale est l'emphase mise sur
l'action locale, alors qu'on ne cesse de dire, dans le
document gouvernemental, que les changements et les
défits se déroulent au niveau mondial.

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Du pouvoir pour les jeunes ?

Les orientations proposées au chantier sur la société
équitable se basent aussi sur la faible présence des
jeunes dans les instances de pouvoir pour suggérer
d'intégrer les jeunes «parmis les décideurs». Le but
est de favoriser leur «collaboration à la société
civile» et de «permettre une meilleure adaptation des
politiques et programmes qui leur sont destinés». En
d'autre mots, pour instaurer des politiques
néolibérales avec les promesses d'un avenir meilleur,
vaut mieux avoir quelques jeunes pantins pour donner
un air frais à la chorégraphie. Plus un ou une jeune
sera «braché-e» sur le réseau de pouvoir via
papa/maman, sa carte du parti, ses contacts dans
l'appareil d'État, la business ou les médias, plus il
ou elle aura de chances d'être désigné-e par ses
aîné-e-s pour frauduleusement représenter les «jeunes»
dans des instances de pouvoir. Plusieurs envisagent
une magnifique carrière dans le sillage du Sommet de
la jeunesse...

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REBELLES est un journal de socialisme et de liberté,
publié par les Éditions Rouge et Noir. On peut trouver
le journal dans tous les bons kiosques à journaux du
Québec. REBELLES veut contribuer, sans dogmatisme, à
l'élaboration d'un nouveau projet de société. Après
plus de dix ans d'existence le journal est en pleine
redéfinition. Ce travail de réflexion est ouvert à
toute personne soucieuse de développement et de
l'avenir du journal. On peut contacter le journal en
écrivant à : Case postale 205, succursale «C»,
Montréal (Québec), H2L 4K1, Canada. 

Abonnement pour 4 numéros : 
--> Québec/Canada, normal 8 $, fauché-e-s 5 $
--> Autres pays, 25 $ CAN

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