A - I n f o s
a multi-lingual news service by, for, and about anarchists **

News in all languages
Last 30 posts (Homepage) Last two weeks' posts

The last 100 posts, according to language
Castellano_ Català_ Deutsch_ English_ Français_ Italiano_ Português_ Russkyi_ Suomi_ Svenska_ Türkçe_ All_other_languages
{Info on A-Infos}

No Subject

From nicolasphebus@yahoomail.com
Date Sat, 5 Feb 2000 05:57:26 -0500
ubject (fr) Boycott du Sommet de la jeunesse (Québec)


 ________________________________________________
      A - I N F O S  N E W S  S E R V I C E
            http://www.ainfos.ca/
 ________________________________________________

-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-
Ce qui suit est l'éditorial du numéro de décembre de
l'Infobourg, le journal du Comité populaire
Saint-Jean-Baptiste, une des rares organisations
populaires de Québec à refuser le cirque de la
concertation. L'auteur est un militant anarchiste
connu de la région.
-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-

Il y aura donc cet hiver un Sommet de la jeunesse.
Aboutissement logique d'une vaste «consultation»,
qualifiée «d'opération de relation publique» par les
critiques du gouvernement Bouchard, le but de
l'exercice est «d'établir des consensus sur les moyens
à prendre pour réussir les défis de la mondialisation
et de la compétitivité» (1). Les groupes de jeunes
sont très divisés sur la question de la participation
à ce sommet.

D'un côté, il y a les organisations «officielles et
représentatives» du lobby jeune — les grandes
fédérations étudiantes, les comités jeunes des
syndicats, certaines associations de jeunes
professionnels — qui participeront au sommet sur la
base de revendications «précises et concrètes». Même
si elles sont rarement dupes des intentions du
gouvernement, ces organisations ont milité pendant des
années pour que ce dernier organise justement un
sommet de la jeunesse, et el les seraient maintenant
malvenues de ne pas participer à l'exercice.

De l'autre, il y a les enragés (2) qui non seulement
se refusent à participer à ce sommet, mais qui en plus
annoncent leur intention d'organiser la tenue d'un
contre-sommet et de nombreuses actions de résistance
aux politiques néolibérales du gouvernement. Ces
organisations — du Regroupement des organismes
communautaires autonomes jeunesse (ROCAJ) au Mouvement
pour le droit à l'éducation (le MDE) en passant par le
Regroupement autonome des jeunes (RAJ) — critiquent le
caractère antidémocratique du sommet et le fait que
les dés soient pipés à l'avance.

Il faut souligner que seules les organisations
nationales seront présentes au sommet et que les
«représentants» des jeunes qui y seront délégués
n'auront aucun mandat de leur base — les organisations
nationales ont eu moins d'un mois pour consulter leurs
instances sur l'ensemble des points touchés. De plus,
toutes les discussions se feront à partir de documents
produits par des fonctionnaires et seront donc
orientées politiquement. C'est ce qui fait dire à de
nombreux groupes que le gouvernement ne veut que
légitimer par ce sommet des décisions politiques
controversées en y associant des «représentants» de la
jeunesse, un peu comme lors du Sommet socio-économique
qui a surtout servi à légitimer le déficit zéro.

_______________________
UN MODÈLE QUÉBÉCOIS ?

Le gouvernement parade en se vantant que le Sommet de
la jeunesse constitue un autre exemple du modèle
québécois de concertation. Il dit moins, pourtant, que
son Plan d'action jeunesse est déjà adopté depuis...
1998 (et il s'agit d'un plan d'action 1998-2001)! Le
but de ce sommet n'est que d'y associer les
organisations de jeunes, qui se verront offrir des
sièges dans les instances nationales, régionales et
locales chargées d'appliquer le Plan d'action. Il ne
s'agit pas là, selon le ROCAJ, «d'un modèle québécois
unique de partenariat et de décentralisation» mais
plutôt «d'un calque des projets mis en place dans
plusieurs pays occidentaux, portant le sceau du
capitalisme sauvage et de l'Organisation de
coopération et de développement économique (3)» (OCDE,
l'instance dans laquelle se négociait l'AMI). Le but
est de mobiliser la communauté pour la grande
compétition internationale.

Toute la démarche s'oriente en outre dans une
perspective strictement économique, et vise un seul
impératif : l'intégration des jeunes à l'emploi, de
gré ou de force. L'emploi est considéré comme la seule
planche de salut pour l'individu, le seul critère
d'intégration sociale, la condition de l'exercice de
la citoyenneté et des droits. Tout ce qui sera proposé
à ce sommet tourne autour de cela. Quand on connaît la
politique du gouvernement dans ce domaine, surtout en
ce qui concerne les jeunes sur l'aide sociale, il y a
de quoides frissons dans le dos.

___________________________________________
CONSTRUIRE UNE CRITIQUE DE LA CONCERTATION

Depuis des années, les mouvements sociaux sont englués
dans une politique de concertation qui fait d'eux des
partenaires des gouvernements et du patronat, ce qui a
pour effet de les désarmer complètement quand vient le
temps de critiquer les politiques de l'État. Les
groupes de jeunes, généralement considérés comme
quantité négligeable, sont peu souvent appelés à
participer au cirque de la concertation. Aujourd'hui,
alors que le gouvernement fait des appels du pied dans
leur direction, il ne faut pas être dupe. À chaque
fois que les mouvements sociaux participent à ce genre
de jeu sans bâtir de réel rapport de forces dans la
rue, on se fait avoir — pensons par exemple au déficit
zéro —parce que le gouvernement impose toujours
l'ordre du jour.

Pour nous, il s'agit de construire une critique en
acte de la concertation. Nous savons
qu'historiquement, tous les gains de nature sociale
ont été obtenus de haute lutte et, honnêtement, nous
ne voyons pas pourquoi cela serait différent
aujourd'hui. Nous prônons donc une politique autonome
des partis traditionnels et du gouvernement, une
politique basée sur une volonté de rupture d'avec les
politiques néolibérales, une politique de lutte.

Pour nous le sommet de la jeunesse, comme le sommet
socio-économique avant lui, est un leurre. Un leurre
qui nous amène à poser radicalement la question du
pouvoir dans notre société. En effet ce que ces
sommets illustrent le plus c'est l'absence à peu près
complète de pouvoir des classes populaires, jeunes
compris. Ce qu'il s'agit de savoir, c'est comment
construire un mouvement capable de renverser le cour
des choses et donner un rapport de force favorable à
l'amélioration des conditions de vie de tout un
chacun. Nous pensons pas que cela ce fera autour d'une
table de concertation mais plutôt dans la rue, par la
lutte. C'est pourquoi nous nous associons à l'appel au
boycott du sommet de la jeunesse (voir ci-contre).

______
Notes:

(1) tiré des documents officiels produits par le PQ
sur le sommet, www.sommet.gouv.qc.ca.

(2) clin d'œil au Regroupement Autonome des Jeunes, le
RAJ, qui est train de structurer un pôle du refus
parmi les organisations de jeunes.

(3) tiré de l'excellente analyse du Plan d'action
jeunesse 1998-2001 du gouvernement du Québec produite
par le ROCAJ (www.cam.org/rocajq).

XXXXXXXXXXX  A P P E L  À  L ' A C T I O N 
XXXXXXXXXXX
                 -Attaquons le Sommet-

               M A N I F E S T A T I O N 

               le 22 février dès 18 h 30

     Rendez-vous en face du Grand Théâtre à Québec

XXXXXXXX  I N F O : ( 4 1 8 ) 5 2 5 - 0 8 1 8  XXXXXXXX

                       ********
               The A-Infos News Service
      News about and of interest to anarchists
                       ********
               COMMANDS: lists@tao.ca
               REPLIES: a-infos-d@lists.tao.ca
               HELP: a-infos-org@lists.tao.ca
               WWW: http://www.ainfos.ca
               INFO: http://www.ainfos.ca/org

 To receive a-infos in one language only mail lists@tao.ca the message
                unsubscribe a-infos
                subscribe a-infos-X
 where X = en, ca, de, fr, etc. (i.e. the language code)


A-Infos
News