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(fr) Italie - fermeture d'un centre de detension

From "samizdat.net" <samizdat@ecn.org>
Date Tue, 1 Feb 2000 22:22:46 +0100
Posted-Date Tue, 1 Feb 2000 22:34:56 +0100


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La désobéissance civile impose
la fermeture du centre de détention de Milan






Grande et belle journée que ce dimanche 30 janvier 2000, voilà en quelques
mots ce qu'ont pensé les 20 000 personnes qui ont participé à la
manifestation de Milan pour la liberté de circulation et la fermeture des
centres de détention, en particulier celui de Via Corelli à Milan.

La manifestation organisée par les "Centri sociali della Carta di Milano",
Rifondazione Comunista, I Verdi et de nombreuses associations, a tenu plus
que ses promesses car en fin de journée, dimanche, le Ministre de
l'intérieur, Bianco, annonçait la fermeture de Via Corelli. Certes, il a
demandé au Préfet de Milan de chercher très rapidement un nouveau lieu afin
d'ouvrir un centre de rétention, mais les faits sont là: alors que le
gouvernement depuis des mois faisait la sourde oreille à l'égard du
mouvement de protestation qui grandissait dans le pays contre ces lagers,
la mobilisation de dimanche a imposé sa volonté. Bien évidemment, il s'agit
d'une étape dans la bataille pour la fermeture de tous les centres de
détention et pour un changement radical en matière de politique
d'immigration; mais nous savourons avec grand plaisir cette victoire car
elle permet d'entrevoir la poursuite d'un parcours toujours plus ouvert à
l'ensemble de la société civile.

Pour la chronique, la journée de dimanche avait fort mal commencé puisque
vers midi, plus d'une centaine de personnes appartenant aux Centri sociali
de Gênes était chargé à froid par la compagnie locale de Crs. En effet
alors que les manifestants se regroupaient autour de la gare pour prendre
un train gratuit, comme il est coutume pour les Centri sociali depuis près
de 5 ans pour aller manifester, les Crs bloquaient l'accès aux quais et
exigeait le paiement du billet. La réponse des manifestants était claire,
catégoriquement négative. Dès lors en levant les bras au ciel pour bien
démontrer leur attitude totalement pacifique ils s'acheminaient vers le
quai, enfin vers le cordon de Crs. Après quelques discussions, un ordre "A
la charge" sortait des rangs de la force publique. Les scènes d'une rare
violence provoquaient l'hospitalisation de quatre jeunes manifestants. Mais
la volonté de participer à la manifestation de Milan était plus forte que
les matraques policières et 80 personnes prenaient le train après une
négociation avec les Chemins de Fer italiens (FS) pour octroyer u prix
politique pour se rendre à Milan.. il faut dire que des responsables locaux
de Rifondazione avaient assisté à la scène et qu'ils ont fait pression sur
les forces de l'ordre et les FS pour trouver une médiation. Heureusement,
les scènes de violence policières ont été largement documentées par les
médias et par les militants ce qui démonte totalement la thèse de la police
qui aurait répondue à la violence des manifestants. Diverses interrogations
parlementaires sont actuellement en cours et la démission du Vice-Préfet
été demandé par Rifondazione et I Verdi. Une enquête est en cours de la
part du Ministère de l'Intérieur est en cours pour vérifier la dynamique
des évènements. Mardi, les militants génois lors d'une conférence de presse
présenteront la vidéo; l'acharnement policier sera difficilement
contestableŠ

Bien évidemment la nouvelle de l'agression policière arriva à l'ensemble
des autres Centri sociali pour la plupart en route, sur des trains
réquisitionnés vers Milan. La tension montait mais il était clair que de
notre part, le calme serait de rigueur. D'ailleurs les jours précédant la
manifestation, une conférence de presse organisée par ya Basta Milan et le
Centro sociale Leoncavallo avait bien insisté sur ce principe de
désobéissance civile: nous voulions nous rendre à l'intérieur du centre de
détention et pour cela nous serions munis de matériels de protection
(chambres à air de camion gonflées seraient utilisées comme bouclier
défensif, casques de chantier et autres protection, tout à fait
inoffensives!, au cas où la police serait décidée à utiliser les matraques
pour nous interdire l'accès du centre). Ainsi le cortège était ouvert par
une centaine de Tute Bianche (Combinaisons Blanches) munis de protection.
La première grande satisfaction de la journée était relative au nombre de
manifestants, 20 000 personnes avaient décidé de participer à cette
manifestation alors que la presse dans les jours précédant la manifestation
avait déjà agité les fantasmes du passé ("manifestations des autonomes,
risques de guerrilla urbaine,Š); enfin rien de bien original. Mais cela
n'avait pas marché, bien au contraire, car notre bataille contre les
centres de détention et pour la liberté de circulation avait enfin
outrepassé les frontières du militantisme et jeunes et moins jeunes peu ou
plus habitués à manifester étaient bien présents et décidés à obtenir la
fermeture de via Corelli.

Le cortège partait en direction du lager, la présence policière massive
était pour l'instant distante et calme. Arrivés à quelques centaines de
mètres de Via Corelli, la police hissait un fort barrage et nous indiqués
que notre route devait s'arrêterŠ pas la peine de discuter pendant très
longtemps, tous les présents voulaient avancer. Les Tute Bianche en
première ligne levaient les mains en l'air et à pas lent se dirigeaient
vers les "cordons bleus"ŠLa réponse pavlovienne ne se faisait pas attendre,
une pluie de coup de matraques de Crs et de crosses de fusil des
carabinieri s'abattait surŠ les matériels de protection. Les chambres à air
résistaient, les Tute Bianche avançaientŠ la police devait reculer devant
la marche pacifique protégée des Tute Bianche et des milliers de
manifestants qui continuaient à les suivre. Il semblait dès lors que l'acte
de désobéissance aurait du suffire et que comme nous l'avions annoncé une
forte délégation pourrait entrer et parler avec les immigrés détenus de Via
Corelli. Mais non, la police est parfois - souvent! - têtue  et à quelques
mètres du lager une pluie, cette fois-ci de lacrymogènes, torpillait les
premières lignes du cortège. Mais il fallait plus des 66 lacrymogènes
(chiffre donné par les médias) pour faire reculer la détermination des
manifestants. Et après ce nouvel épisode de tension, les responsables des
forces de l'ordre devaient se rendre à l'évidence: ils devaient accepter
qu'une délégation puisse entrer dans ce centre, qui ressemble au pire des
zoos. Il s'agit en fait d'une grande cage à l'intérieur de laquelle ont été
montées des baraques de chantiers. Inutile de parler des conditions
hygiéniques et des minimes règles respectant les droits de l'Homme (pas de
présence d'avocats, visites interdites, communications avec l'extérieur
impossibles, Š).

Vers 19h00, la manifestation prenait fin et l'annonce de Bianco sur la
fermeture de Via Corelli était publique. Mais la journée n'était pas encore
finie pour nous, du Nordest car à la gare de Milan nous attendaient les
mêmes qui quelques heures auparavant avaient essayé de nous interdire
l'accès au centre de détention. En effet la gare de Milan était cernée par
la police qui voulait nous imposer de payer notre billet. Nouvelle tension,
nouvelles négociations. Fatigués d'une telle journée, nous acceptions de
payer un prix politique pour le retour. Les FS exigeaient de notre part une
trentaine de FF par personne, à la fin nous fîmes une collecte et sans
compter la somme recueillie nous pûmes monter dans le train.

Outre la fermeture de Via Corelli, cette manifestation a obtenu que le
débat sur ces centres de détention soit finalement du domaine public. Le
Ministre de l'intérieur depuis dimanche ne cesse d'être sollicité sur ce
thème et sur la manifestation en elle-même. Bien sur, il tente de
criminaliser la manifestation du moins sa "composante violente" . il a
proposé que la gestion de ces centres soit attribué aux associations
antiracistes ce qui selon lui garantirait le respect des Droits de l'Homme.
heureusement, pour l'instant, aucune association n'a accepté cette
proposition bien au contraire et le front pour la fermeture des centres de
détention s'est encore étendu depuis dimanche dernier. Il faut dire que ces
centres semblent à toute évidence anticonstitutionnelle vu que la
"clandestinité" n'est pas reconnu comme un délit dans le droit italien. Cet
aspect "technique" est mis avant par bon nombre d'associations et de
personnages politiques ce qui peut permettre une rapide interdiction de ces
lieux de détention. Toutefois, la bataille doit être plus large car il
suffirait que le texte de loi soit changé pour que les centres deviennent
constitutionnels et légaux. Néanmoins, il n'y aucune incompatibilité
actuellement entre ces deux parcours ce qui d'ailleurs permet à ce que la
mobilisation pour la fermeture des centres de détention soit la plus ample
et variée possible. Au sein des DS, le parti de D'Alema, les dissensions
éclatent et certains parlementaires ont publiquement affirmé qu'ils sont
contre ces lieux inhumains par nature et que le problème, contrairement au
discours du Ministre de l'Intérieur n'est pas de les humaniser mais de les
abolir définitivement. Pour ce qui est des attaques des médias, des partis
de droite et de Bianco à notre égard, rien d'étonnant. Mais puisque Bianco
est un fervent défenseur de la non-violence nous lui avons demandé ce mardi
de commenter l'¦uvre de la police mais surtout de nous parler de la
violence que représente ces centres sur les individus qui y sont enfermés
et qui ont comme seul "tort" de ne pas être en possession d'un document que
l'Etat italien s'est refusé de leur attribuer.

Mercredi 2 février se tiendra une grande réunion publique au centro sociale
Leoncavallo de Milan et le ministre y a été convié afin justement de
pouvoir nous expliquer tout ceciŠ Une chose est certaine, les ministres
passent alors que notre opposition à l'Europe forteresse sera tenace!


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