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(fr) Un prisonnier anarchiste entre en grève de la faim illimitée

From Anarchist Black Cross Gent <abc_gent@yahoo.com>
Date Wed, 27 Dec 2000 02:35:01 -0500 (EST)


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      A - I N F O S  N E W S  S E R V I C E
            http://www.ainfos.ca/
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(fr) Lettre de Michele Pontolillo (ca)

        Je vous annonce qu' à partir de 12 heures du 7
décembre 2000, je commence une grève de la faim
indéfinie.
Vue la situation de répression toujours plus grande
que nous vivons autant dans les prisons que dehors, et
partant du droit inaliénable de l'individu de se
rebeller contre l'omnipotence et l'arrogance de ceux
qui exercent le Pouvoir, j'annonce qu'à partir de 12
heures du 7 décembre 2000 je commencerai une grève de
la faim indéfinie pour les raisons et contenus que je
voudrais exposer ici.

        Depuis quelques années nous pouvons observer
un
aiguisement important de l'activité répressive des
Etats impérialistes européennes destinée à
criminaliser et diminuer l'activisme du mouvement
social et politique, parmi lesquels le mouvement
anarchiste bien enraciné dans les pays où continuent
les luttes prolétaires et révolutionnaires, comme
c'est le cas en Espagne, l' Italie ou la Grèce. 
        N'importe où que nous regardons, la vue est
désolante. La restructuration du capitalisme incitée
par l'emploi massif des technologies de communication
a ouvert des nouvelles contradictions qui sont
beaucoup plus difficiles à gérer par les gouvernements
à travers la politique du consensus. Les Etats et par
extension la société dans sa totalité n'ont qu' à
s'adapter aux nouvelles exigences du capitalisme
toujours plus exclusif.  
La diminution des coûts de production, le taux de
chômage toujours plus haut, la flexibilité et la
précarité du travail, avec pour conséquence immédiate
la prolétarisation des secteurs sociales auparavant
proches de la classe moyenne, l'attraction d'une
main-d'oeuvre bon marchée des pays du tiers-monde, le
démentèlement de l'état-providence sur lequel était
basé le pacte social déjà précaire entre prolétariat
et bourgeoisie, ce sont tous des aspects décisifs
d'une réalité qui nous permettent de présager pas
seulement un futur incertain pour tout ceux et celles
qui participent au procès de production et qui sont
attrapés entre l'esclavage du travail et l'angoisse de
joindre les rangs des pariahs, mais aussi une
radicalisation de la lutte des classes. L'incertitude
et l'imprévisibilité de l'avenir, le nombre élevé de
ceux exclus du processus de production et relegués au
bord d'une vie de misère et de survivance, mettent en
doute le système d'exploitation. 
Voici comment l'écrivain français Jacques Attali
décrit avec un réalisme poignant ce nouveau scenario
qui se profilera à un ritme accelerée dans l'Ouest
opulent: "L'Europe n'a pas tellement changer, sauf que
dans une certaine manière de penser l'ordre sociale,
un capitalisme totalement nouveau est en train de
surgir, un capitalisme global qui modifira
profondement le rôle des Etats et des nations dans le
monde. Un capitalisme poussé par des forces nouvelles
d'où émergera une nouvelle élite et où sera
prolétariser l'ensemble des classes traditionnelles.
Bientôt, au lieu des salariés il ne restera qu'un
vaste prolétariat déclassé; une superclasse
triomphante flottera dans les eaux fangeux de misère
et le prix du succès d'une petite minorité sera la
marginalisation de la majorité et la violence des
déclassés".
        
        Vis-à-vis cette inquiétante radiographie
sociale les
Etats ont beaucoup de difficultés à conserver le
consensus autour de ses institutions et des
protestations populaires accroissantes, dont
quelques-unes se distancent nettement de la ligne
d'action officielle des partis et syndicats "ouvriers"
domestiqués et fidèles à leurs amis les patrons,
prenant des formes de lutte autonomes et autogérées.  

        Alors, quelle est la formule que les Etats
adopteront
pour contenir dans des limites tolérables le
mécontentement général et la radicalisation des luttes
sociales?
Ni plus ni moins que donner pleins pouvoirs à ses
organes répressives pour faire fin à cette situation
naissante, de concert avec une insistance obsessive et
paranoïque sur le perfectionisme de sa machinerie pour
"la lutte anti-terroriste" et "l'ordre et la loi",
euphémismes politiques pour le contrôle et
l'élimination de toutes les dissidences réelles,
potentielles ou imaginées. Si la répression utilise ou
non ses instruments de guerre (police, balles en
caoutchouc, balles de plomb, amalgames judiciaires,
détentions arbitraires, etc.) dépend du niveau de la
lutte de classes. C'est devant les yeux de tout le
monde que l'Etat déploie et se vante de tout ses
moyens de pouvoir, de coercition et de répression ce
dernier temps, signe inéquivoque du fait que le
conflit entre exploités et exploitateurs a augmenté
considérablement. 
        
        Les premières "victimes" de la bête répressive
de
l'Etat sont, naturellement, les prolétaires rebelles
qui ont pris conscience de leur situation d'exploités
et d'opprimés et qui luttent en première ligne contre
le pouvoir et toutes ses expressions. Au milieu de ce
prolétariat insurgé sont les anarchistes, insoumis
déclarés de l'imposition de l'état et du capital, et
pour un projet politique et social proche des idées
socialistes, selon lesquelles ce sont les travailleurs
qui sont les seuls et uniques producteurs des
richesses sociales, et qui peuvent et doivent se
libérer de la domination de la bourgeoisie capitaliste
pour être une fois pour tous maître de leur vie et de
leur futur. Même celui qui n'a que le moindre de
connaissance des principes qui animent l'anarchisme,
sait que l'anti-autoritarisme et l'anti-capitalisme
fondent la théorie et la pratiqie anarchiste.  Les
anarchistes sont des ennemis déclarés de toutes les
hiérarchies, de quelconque imposition et domination,
n'importe d'ou elle vient ou comment on l'appelle;
apologètes de la vie et de la liberté, de
l'autodétermination et de l'indépendence de l'individu
et des peuples dont il/elle fait parti, désirant une
société autogérée comme la base unique sur laquelle
nous pouvons construire un monde plus juste, égal et
libre.
        C'est à ce moment, quand le prolétariat se
prépare
pour prendre l'initiative et se réveille son esprit de
liberté, comme c'était le cas des nombreux fois au
cours de son existence comme classe, que l'Etat laisse
tomber son masque et laisse voire sa vraie sale
gueule, violente et criminelle, quelques fûrent ses
ornaments libéraux et démocrates. Les méthodes que
l'Etat utilise pour finir les révoltes prolétariennes
sont connues par tous, ses mains sont noyées de sang
innocent. Nous nous rappelons l'infâme GAL, ce
bataillon basque-espagnol et autres bandes armées
organisées par l'Etat, consacrées à semer l'angoisse
et la terreur parmis la population inerte et
stupéfaite quand tombaient l'un après l'autre ceux qui
avaient l'audace de questionner et de lutter contre le
système. Aussi, rappellons-nous en Italie les bombes à
la Plaza Fontana de Milan ou dans la gare de Bologna,
qui causaient la mort de centaines de personnes.
Jusqu' à aujourd'hui, ces atrocités n'ont toujours pas
été éclaircies; ainsi l'Etat italienne a reconnu à
peine l'implication de certains de ses hommes des
services secrets dans ces actes barbares et
criminelles. Mais autant qu'ils voudraient occulter,
nous connaissons tous la vérité: les attentats furent
planifiés et ordonnés dans les sphères les plus hautes
du pouvoir: il s'agissait du terrorisme d'état qui,
dans l'intention désespérée de contrer l'offensive
révolutionnaire du prolétariat, est responsable de
centaines de morts innocents.
        
        Plus récemment, l'Etat italien conduisait des
nombreux anarchistes devant ses Saintes tribunales
d'inquisition accusés d'êtres membres d'une
invraisemblable, pour ne pas dire grotesque,
organisation armée, structurée hiérarchiquement avec
des chefs, des lieutenants et des commandos opératifs.
Tout cela accompagné d'une campagne de criminilisation
qui incitait à une vraie chasse aux anarchistes. Tout
ceux qui se déclaraient pour la révolution et le
communisme libertaire ou avaient le moindre contact
avec l'anarchisme, étaient systématiquement persécutés
et emprisonnés. La chasse avait bientôt des résultats
et coûtait la vie à deux camarades anarchistes,
Soledad et Eduardo, morts par le fait de l'Etat quand
elle/il se trouvait enfermé dans ses prisons immondes.
        Les choses n'ont pas changés depuis. L'Etat
continue
à utiliser des inventions politico-judiciaires comme
armes pour étouffer les foyers de la résistance
prolétaire qui surgissent partout où les
contradictions sociales sont plus aiguës. Comme dans
le cas des trois camarades anarchistes madrilènes
accusés d'avoir envoyé des pacquets de bombe aux
journalistes au service de la presse espagnole le plus
réactionnaire. L'opération est dessinée et executée,
comme d'habitude dans ces cas, par les bureaus du
ministère de l'intérieur, la brigade provinciale
d'information ou, ce qui est la même chose, la police
politique, ce qui assure que les accusés comparaissent
devant l'autorité judiciaire chargée d'ouvrir les
portes de la prison où on apprendra ce que signifie la
douleur, la souffrance et l'impuissance. Des preuves?
Maintenir des relations avec des anarchistes et
prolétaires rebelles emprisonnés. Quand même, pour que
les inventions judiciaires produiront l'effet voulu il
est nécessaire d'apporter des éléments essentielles
comme le lynchage publique, le discrédit personnel et
politique des suspects et la condemnation morale de
leurs actes et de leurs manières d'être, de sentir et
de penser. Les médias de communication de l'Etat
jouent un rôle crucial dans cet aspect et préparent le
terrain pour que la répression pourra agir impuni, ils
se chargent de criminaliser et de salir les individus,
groupes et collectives considérés inconvénients et
embarrassants pour le pouvoir. Le jeu est vraiment
pervers: les journalistes signalent et accusent, les
tribunaux condamnent et les prisons exécutent. Cette
pédagogie de la conscience de masse, si occupée à
démonster l'indémonstrable, c'est à dire, que ce monde
tel comme il est organisé maintenant est le meilleur
des mondes possibles; excellents manipulateurs de la
réalité et artistes sans pareil de la distorsion, ils
appellent le mensonge et le calomnie "liberté de
l'expression", le lynchage médiatique "droit de
l'information"; ils tachent comme "terrorisme" la
solidarité active avec les opprimés politiques
enfermés pour la vie dans les centres d'extermination
du capitalisme, voilent les tortures et les assasinats
qui sont commis tout les jours dans les commissariats
et prisons, l'annihiliation des prolétaires rebelles
dans les modules d'isolement sous l'insigne de
prisonnier FIES, la dispersion, la mort lente et
agonisante des prisonniers incurables et au stade
terminal, tout cela en appelant à l'"Etat des Droits"
omnipotente.
Face à un scénario qu'on peut définir Dantesque, sans
trop de dramatisme, il n'y a que deux options: ou la
soumission aveugle et devouée à la domination du
capitalisme ou la rébellion spontanée et passionnée
contre tout ce qui nous opprime et exploite.
* Fermeture des unités d'isolement et abolition des
FIES
* Arrêt des dispersions
* Liberté immédiate de tous les prisonniers incurables

A BAS LES MURS DES PRISONS!!
VIVA LA ANARQUIA!!

Michele Pontolillo, prisonnier anarchiste italien
enfermé au centre d'extermination de Villabona
(Asturies).


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