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(fr) en Espagne, il est dangereux de soutenir des prisonnier-e-s

From worker <a-infos-fr@ainfos.ca>
Date Sat, 16 Dec 2000 03:00:25 -0500 (EST)


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      A - I N F O S  N E W S  S E R V I C E
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Le 10 novembre dernier, à Madrid, deux compagnons
anarchistes, Eduardo Garcia Macias et Estefania
Maurete Diaz, ont été arrêté-e-s et accusé-e-s d'avoir
envoyé 7 colis piégés à des journaux en soutien à la
lutte des prisonnier-e-s contre les quartiers
d'isolement/extermination nommés FIES. Des preuves de
leur innocence ont été classées sans qu'aucune
justification ne soit donné à cela. L'information a
été relayée de façon complètement détournée par les
médias, qui n'ont pas pu s'empêcher de parler de
l'ETA, comme c'est le cas dès lors qu'il se passe
quelque chose du côté de l'extrême gauche. Toute
personne  impliqué de près ou de loin dans la
solidarité avec les prisonnier-e-s est directement
soupçonné de lien avec ETA, de violence et de
délinquance/dégradation. Une grosse enquête, qui vise
à fabriquer une organisation fantôme anarchiste
agissant au niveau international, et à en arrêter les
protagonistes, serait actuellement en cours. En gros,
c'est l'affaire Marini version espagnole.

En ce qui concerne le conflit au Pays-Basques, la
répression a largement dépassé la frontière d'Euskadi
et les arrestations arbitraires se multiplient contre
les scènes radicales des grands centres urbains, c'est
le cas de Barcelone et de Madrid, encore une fois. A
Barcelone 8 personnes ont été arrêtées dans leur
domicile et accusées d'être dans les locaux
illégalement alors qu'ils/elles avaient un accord avec
le propriétaire. Mais ils/elles étaient également
coupables d'être en possession de deux numéros du
magazine basque Ardibeltza. Les personnes arrêtées
n'ont pas eu le droit de voir ou de communiquer avec
leur avocat. A Madrid, le journal conservateur La
Razon a débuté une  campagne d'attaque contre le squat
El Laboratorio, prétendant que les squatteur/ses
étaient des sympathisant-e-s de l'ETA car ils avaient
une banderole qui demandait le regroupement des PP
basques. Les squatteur/ses ont nié ces accusations
dans un communiqué qui a relancé de plus bel la
polémique contre eux : "Notre pratique politique se
focalise sur la construction d'un espace autonome,
ouvert, antiautoritaire et anticapitaliste ; sur
l'expérimentation de mode de vie alternatif en
relation avec la communauté et la ville où nous
vivons. Cette critique prend en compte les droits
fondamentaux relatifs à la situation des personnes
emprisonnées (de toute nature : voleurs, violeurs,
trafiquants de drogue, policiers, basques ou ettaras),
ainsi qu'une grande quantité d'autres problèmes comme
le processus de globalisation économique, la situation
des immigrés, les droits  civiques et sociaux... nous
proposons un espace de rencontre et d'activité à
différents groupes impliqués dans les domaines
sociaux, artistiques, musicaux, de recherche, dans une
optique non-sectaire et plurielle qui inclue le
soutien à la violence politique". Les squatteur/ses de
Barcelone sont harcelé-e-s depuis des années sous le
prétexte de soutenir l'ETA et ce communiqué a
renchérie les haines des autorités à leur encontre, du
simple fait de la mention d'ettaras dans ce texte. 

Le ministre de l'Intérieur espagnol, Jaime Mayor
Oreja, a demandé à ce que le procureur général
s'occupe du cas de l'éditeur du journal basque
Ardibeltza, Pepe Rei. Le ministre l'a désigné comme
une personne avec une des pires éthiques et ce depuis
très longtemps. L'accusation  la plus grave à
l'encontre des 8 militants de Barcelone arrêté-e-s
était  la possession de ce journal. Pepe Rei était le
directeur de l'équipe de recherche de la revue "Egin",
qui, après avoir survécu à un long boycott de la part
de l'État espagnol, a finalement été interdit en
juillet 1998. Le journal est toujours fermé malgré
l'absence de décision judiciaire. On pense que la même
procédure va être utilisée contre Ardibeltza et contre
tous ceux/celles qui contestent la définition par
l'État espagnol de ce qu'est une éthique acceptable.
On craint également l'incarcération soudaine de
l'équipe du journal comme ce fut le cas de celle
d'Egin. Egin a mené des enquêtes sur de nombreux
sujets très dérangeants pour l'État, en vrac : la
corruption au Pays-Basques et en Espagne, les GAL, les
relations intimes entre la police et les
narco-trafiquants, les liens entre les néonazis et les
GAL, l'utilisation de la torture en Euskadi etc. En
raison de toutes ces enquêtes, l'équipe éditoriale
d'Egin a été arrêtée à 2 occasions, Pepe Rei a été
menacé de mort aussi bien par l'État espagnol que par
les GAL. Au moment où le ministre de l'intérieur a
déclaré que la violence aux Pays-Basques était
alimentée par les ikastolas (école en langue basque)
et par Ardibeltza, une campagne a été lancée contre
Pepe, avec des affiches collées dans la rue et la
complicité des journalistes, l'accusant de désigner
les futures cibles d'ETA.

Ardibeltza représente une réelle menace pour l'État
espagnol. Bien qu'il soit boycotté, le journal est
tout de même massivement diffusé par souscription. Le
magazine a éclairci sur la façon dont l'État espagnol
contrôle les médias par l'intermédiaire des agences de
presse qui appartiennent aux membres du parti au
pouvoir. Dans une cassette vidéo récemment réalisée
par Ardibeltza a été dénoncée la complicité entre les
grands quotidiens et le gouvernement, document que
l'État considère comme une attaque envers la
démocratie.

Extrait de BULLETIN ABC-Dijon #22 Décembre 2000
Pour tout contact : maloka@chez.com


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