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(fr) Un témoignage sur les manifs de Nice

From "Samuel Delor" <bakou69@club-internet.fr>
Date Tue, 12 Dec 2000 16:19:49 -0500 (EST)


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[Du à un problème technique ce message, qui aurait du
être diffusé samedi, n'est apparu qu'aujourd'hui.
Toutes nos excuses. Nicolas pour A-Infos]

Nice, comment j'ai vécu le sommet

Bonjour à tous, ici, Sam, de la F.A. de Lyon, rentré
de nice par train " gratuit " à Lyon pendant la nuit.
Voilà un compte rendu du jeudi + état de la
répression. La veille au soir, nous nous sommes
constitué en groupe de militants F.A., coordination
anarchiste, sympathisants, et organisé pour le
blocage... Le jeudi matin, dans la fraicheur des 6
heures et demi du matin, nous nous sommes retrouvé à
la gare centrale, où, nous avait on dit, se regroupait
le bloc radical ( No Passaran entre autre). Nous
arrivons. Au début, la foule est bien maigre. 300
personnes. Après l'arivée de petit groupe,
peut-être500 à 600 personnes sont là. Mais oh stupeur
: Des militants d'Attac and co constituent le gros du
cortège... De no pasaran pas de trace. Tant pis, nous
nous regroupons. Quelques copains ne sont pas là. Nous
apprendrons plus tard qu'ils étaient de l'autre côté
de la ville, ayant dormi au gymnase. Le cortège
converge vers le centre des conférence. Nos slogans
sont nettement plus dynamiques et radicaux que ceux
d'Attac teintés par un citoyennisme bêlant. Tant pis,
il faudra faire avec, c'est pas à 40 qu'on va bloquer
un sommet défendu par 6000 flics armés jusqu'aux
dents... Nous nous heurtons (gentiment, Attac est
devant), à un premier cordon de garde mobile. ( à 300
à 400 mêtres de l'acropolis). Après un face à face
d'une petite demi heure, nous décidons avec le gros du
cortège de trouver une autre voie d'accès. Un groupe
d'une centaine de personnes (surtout des chitoyens)
reste pour maintenir la pression. Nous nous engageons
dans une rue et nous trouvons face aux mobiles une
nouvelle fois. Face à Face. Nous nous mettons en
chaine avec les copains anars, et bloquons ( ce qui ne
sera efficace qu'un petit moment car les côtés
n'étaient pas  filtrés) la rue. Le gros du cortège
nous quitte. Nous gueulons nos slogan et la situation
est d'abord tendue. De l'autre côté de la ville, les
lacrymos s'élèvent au dessus d'un quartier entiers...
On entend des explosions ( on apprendra plus tard
qu'il s'agit de grenades offensives, qu'ils
"testaient" sur les manifestants... Ca sonne quiconque
se trouve à moins de trente mêtres). Quand à nous la
situation devient un moment plus  tendue. Au loin,
nous voyons un gros cortège, surement plus d'un
millier de personne, converger vers nous. Mais
lorsqu'il arrivent à quelque mêtre de nous, les flics
envoient 5 lacrymo et fond mine de charger... Une fois
le gaz dispersé, nous nous aperçevons que le cortêge
s'est évaporé. Nous restons encore un moment, et
quelques copains bloquent des notables ( 3 en
l'occurence). La réaction des mobiles est immédiate...
Charge, Lacrymo. Pas méchant tout de même, juste le
temps de nous refouler. Nous nous concertons entre
copain et copines. Nous sommes parti doucement, et
après avoir barré la route avec des barrières de
sécurité, nous avons abandonné ce barrage. Nous
voulions rejoindre l'autre côté de la ville ou le gros
du contingent radical se trouvait. Mais à chaque
barrage filtrant, un veritable arbitraire et délit de
faciès. Impossible de passer avec une  " gueule" ou un
accoutrement de manifestants. C'est selon le bon
vouloir des cognes. Nous remontons alors sur la gare
dans l'espoir de prendre un bus ou un train jusqu'à
l'autre côté. On nous dit : Pas de bus. Nous
apprendrons plus tard que c'était faux. Nous arrivons
à la gare et un cordon de C.R.S.en tenue de combat
nous fait barrage. Les flics et les gens de la SNCF
accompagnent 4 personnes par 4 personnes pour aller
acheter les billets. Nous ne voulons pas payer, mais
pas moyen de frauder.. A la suite d'un cafouillage,
nous nous retrouvons un groupe à patienter. Il nous
manque des gens. Un copain de Rouen et de corbeil
essonne ou Lille ont réussi à passer de l'autre côté
du cordon policier. Ca chauffe sévère par là-bas. En 
effet, une manif pour faire libérer un camarade
italien emprisonné tourne en bataille rangée avec les
flics devant la caserne de gendarmerie. Pavé,
lacrymos, charges, contre-charges... Les copains qui y
étaient en sortent tellement l'ambiance est chaude. 
On apprendra plus tard qu'à ce moment même se
trouvaient aussi dans le commissariat un camarade de
Lyon, des copains de la C.N.T, et des copains anars de
 saint-étienne. Ils se  sont fait embarquer alors
qu'ils bloquaient une voiture de la délégation
italienne. Les flics, en les fouillant ont trouvé des
autocollants de la fédération anarchiste, ce qui a
conduit à leur arrestation sous un motif de merde
montrant bien qu'il s'agit de criminaliser les anars :
Délit d'entrave à la circulation, contraire au code de
la route !!!!! Procès le 1er février... Un procès pour
ça. Et surtout une garde à vue de plus de 7 heures car
arrêtés à 11 h30 ils ne seront relachés qu'à 19h. En
sortant ils croisent une copine italienne,
sympathisante de la F.A.I, Vittoria, qui se fait
malmener par les keufs qui l'enbarquent. Fouille par
des mecs apperement en particulier... Son compagnon,
lui aussi embarqué, sera malmené par les keufs. Ils
ressortent néanmoins apparement sans inculpation dans
la soiré. Quant à nous, de l'autre côté de la ville,
dans l'espoir de rejoindre  la manif radicale, nous
suivons l'helicoptère de la sécurité civile... et nous
tombons sur la manif de fachos... On croise le GUD, de
loin, on évite de se frotter car notre nombre n'est
pas suffisant... Pas de flics ici, bien sur...On
retourne vers Place Garibaldi où l'on nous a dit que
des gens se rassemblaient, pour aller chercher un max
de gens pour faire une contre manif... Arivé là-bas
personne... et nous apprenons qu'une centaine
d'italien et de sardes sont parti au contact. On
relèvera un antifasciste gravement blessé. Quid du
côté des fachos ? Nous poursuivons en direction de la
gare saint-roch et du gymnase servant de lieu de
ralliement… Nous croisons quelques autres anars qui
nous racontent que ça a chauffé sec à la gare...
Apparement, les flics ont poursuivi les manifestants
jusqu'au gymnase et ont balancé  des lacrymos dedans
alors que les gens s'y réfugiaient... Les réformards
d'Attac (La direction du moins) voulurent fermer les
portes, acte criminel qui aurait laissé les
manifestants poursuivis à la merci des BACs et autres
gardes mobiles... Ce qui importait à ces gens-là,
c'était de continuer à entendre la voix des pontes et
"personnalités" des organisation, bien planqués et à
l'abri de la répression. Bravo la solidarité... On
verra d'ailleurs dans Libé Serge le Quéau d'Attac,
stigmatiser les " casseurs ". Belle reprise de la
dialectique du pouvoir... Ceux qui se désolidarisent
des autres manifestants au moment où la répression
aveugle frappe sont pour moi des salauds et des
criminels. Une seule seconde de la violence policière
de cette journée s'en  prenant physiquement à DES
PERSONNES vaut au moins en gravité et intensité
l'ensemble des dégats MATERIELS causés par certains
manifestants radicaux... On a appris que plusieurs
dizaine d'interpellations ont été effectué.  Le soir,
les lyonnais (nous) et les chambériens, sommes remonté
à Lyon en train gratuit ou presque. En effet, à la
gare les CRS filtraient les gens en fonction de leur
billet. Nous avons pris un billet à 17 F jusqu'à
Antibes puis nous sommes passé, retrouvant plus d'une
centaine de militants de la région rhône Alpes et
bourgogne. Une fois dans le train, passé Antibes, nous
sommes resté, les contrôleurs se voyant impuissant à
nous virer... Et ne voulant vraissemblablement pas
appeler les flics.  Arrivée à Lyon à 4 h du mat', ou,
dernière action militante oblige, nous nettoyons le
quartier faf de quelques-uns de ses autocollants...
Voilà, bilan chez nous et nos sympathisants : 6
interpellations, dont trois inculpations pour délit
mineur : entrave au code de la route. 1 de Lyon 2 de
Saint étienne 2 italien-e-s 1 copine de Nantes à
Bordeaux + de nombreux anars de tous les pays ( Les
anars ont subis de plein fouet la répression, ils
représent plus de 80 % des interpellés...beaucoup
surtout uniquement parce qu'ils étaient anars) Non à
la criminalisation du mouvement social ! Organisons
dès maintenant la solidarité....

Sam (Lyon)


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