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(fr) Communiqué sur les actions directes menées à Nice, le 7 déc. 2000

From "Union Emeutière !" <unionemeutiere@anarchist.com>
Date Tue, 12 Dec 2000 12:47:46 -0500 (EST)


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      A - I N F O S  N E W S  S E R V I C E
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Communiqué de l'Union Emeutière sur les actions
directes menées à Nice, le 7 décembre 2000 :

Le jeudi 7 décembre 2000 à Nice, de nombreuses actions
furent menées contre des structures capitalistes. Les
médias ont procédé avec talent à l'habituelle
exploitation des événements, résumant les multiples
actes de révolte dont ils furent témoins à une "casse"
sans motif et désorganisée.

Membres d'un groupe affinitaire actif lors des
manifestations du 7 décembre à Nice contre le Sommet
de l'Union Européenne, nous avons participé à
plusieurs actions directes contre des bâtiments
d'entreprises capitalistes connues. Nous tenons ici
même à le revendiquer. Nice étant quasiment en état de
siège, nous savions que le sommet en lui-même serait
très difficilement accessible (placé sous haute
surveillance, il s'est tenu à l'Acropolis, gigantesque
bunker protégé par plus de 4000 membres des forces de
l'ordre, incluant services secrets, hélicoptères,
etc.). Nous avons donc pris le parti de nous attaquer
au pouvoir hors des murs de l'Acropolis, pendant la
tenue du sommet.

Nous avons participé à la destruction de plusieurs
banques, assurances, agences immobilières et
concessionnaires automobiles. Autrement dit, nous
n'avons attaqué que des lieux qui font partie
intégrante de l'oppression capitaliste et de
l'antagonisme de classe. Nos actions avaient notamment
pour buts de causer des dommages économiques aux
entreprises ciblées et de perturber le bon déroulement
d'un Sommet Européen censé rencontrer la pleine
adhésion de tou-te-s. Cette attitude offensive contre
le capital permet une prise directe sur des éléments
du système et une expression concrète de notre colère.

Le rôle de toute conférence intergouvernementale est
avant tout de permettre la bonne continuation du
capitalisme au niveau international, de perfectionner
le pouvoir en place et le contrôle social. Nous
n'étions pas à Nice pour nous contenter de défiler
symboliquement contre la politique de l'Union
Européenne, mais dans une démarche révolutionnaire,
pour viser à la destruction complète de telles
institutions et du capitalisme. Nous voulons un monde
sans argent, basé sur l'entraide et l'égalité plutôt
que sur le travail et la hiérarchie. Nous ne voulons
plus de frontières ni d'Etats. Nous voulons une
liberté totale de circulation et d'installation pour
toutes et tous. Nous détestons ce monde de
politiciens, de bureaucrates, de policiers, de
militaires, de banquiers, de marchands, de gardiens de
prison, etc. Nous refusons le réformisme qui nous
conduirait inévitablement à participer du système que
nous rejetons. Nous ne voulons pas partager la gestion
de la misère avec les pu!is!sants, mais bien
l'éradiquer. Nous ne voulons pas prendre le pouvoir,
mais le renverser et créer une société organisée
horizontalement, sans dominations ni oppressions.

Si l'Organisation Mondiale du Commerce ne sait plus où
se rassembler par peur du désordre potentiel que cela
causerait dans la ville d'accueil (souvenirs de
Seattle et de Prague...), l'idée qu'il en soit de même
pour l'Union Européenne ne nous déplaît pas mais reste
très loin de nous satisfaire. Cette forme d'activisme
est limitée, ponctuelle et dépendante des "grands" de
ce monde. Le capitalisme et le patriarcat restent
solidement en place et ce ne sont pas quelques
entraves à des sommets politico-mondains qui suffiront
à le renverser. Nous ne nous faisons aucune illusion à
ce sujet. La lutte est quotidienne. Les oppressions de
classe, le sexisme, le racisme, etc., n'attendent pas
que l'Organisation Mondiale du Commerce ou l'Union
Européenne se rassemblent pour s'exprimer. Notre lutte
se veut dialectique car elle contient à la fois la
révolte contre toutes les formes d'autorité et la
création de zones libres et d'expériences
autogestionnaires.

Union Emeutière, 12 décembre 2000.


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