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(fr) 8 déc. 2000 à Dijon : action de soutien aux manifestant-e-s interpellé-e-s à Nice

From "rézô-maloka" <maloka@chez.com>
Date Mon, 11 Dec 2000 03:28:37 -0500 (EST)


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      A - I N F O S  N E W S  S E R V I C E
            http://www.ainfos.ca/
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Vendredi 8 décembre à midi, un rassemblement à été
organisé devant la préfecture de Dijon pour protester
contre la répression sauvage frappant l'opposition au
Sommet Européen se tenant à Nice les 7 et 8 décembre
2000. Dès le départ des manifestant-e-s en train
gratuit la nuit du 5 au 6 décembre, la police
dijonnaise laissait sur le quai 2 blessé-e-s devant
être emmené-e-s d'urgence à l'hôpital. A Nice, la
police a usé de tout son arsenal pour réprimer le plus
durement les contestataires : gaz lacrymogènes, bombes
assourdissantes, matraques et même balles en
caoutchouc pour certains, charges répétées et
arrestations arbitraires. Certaines personnes ont même
été victimes de graves intoxications pulmonaires suite
à l'inhalation d'un gaz dont la nature n'est toujours
pas connue (voir http://france.indymedia.org pour
mises-à-jour).  En conséquence, une trentaine de
personnes sont venues crier leur indignation haut et
fort devant la préfecture, à l'aide d'une banderole et
de tracts. A 15h, une délégation de 5 personnes fut
reçue, pour exiger du préfet qu'il communique les
revendications suivantes au ministère de l'intérieur :
libération immédiate de toutes les personnes arrêtées
à Nice et abandon des poursuites contre elles.  Pour
faire pression sur les autorités, il est nécessaire
qu'un grand nombre de rassemblements, occupations ou
actions ait lieu. Nous appelons donc toutes les
personnes se sentant concernées à faire savoir leur
colère à leurs préfectures locales, à harceler la
police et la préfecture de Nice de coups de téléphone,
et à manifester leur soutien comme bon leur semblera !

En très bref, ce qui s'est passé à Nice : le 6
décembre, soit un jour avant l'ouverture du sommet,
avait lieu une grande manifestation syndicale à
l'appel d'une coordination de syndicats européens,
véritable kermesse de la contestation se voulant
joyeuse et inoffensive. Après une journée de défilés,
de banderoles et de costumes, la quasi-totalité des
100 000 manifestant-e-s (syndicalistes de toute
l'Europe, membres des partis et réformistes de tous
poils) s'en sont retourné-e-s chez eux. Une bien
triste journée, applaudie de tous bords -- pouvoir en
tête -- pour son grotesque carnaval. Le 6 au soir,
restait cependant sur place une partie des
manifestant-e-s : de nombreux groupes, individus et
collectifs anarchistes, communistes, autonomes ou
"d'extrême gauche" ainsi qu'ATTAC et les Marches
Européennes. Une manifestation spontanée d'environ
2000 personnes se dirigea alors à la gare centrale
pour soutenir les 1200 italien-ne-s retenu-e-s à la
frontière. Les premiers affrontements avec la police
eurent lieu, celle-ci bloquant l'accès à la gare. Vite
débordés, les flics tentèrent de disperser le
rassemblement à coups de matraques et de lacrymogènes.
Scindée en plusieurs groupes, la manif fut contrainte
de prendre des directions différentes. Un groupe d'une
centaine de manifestant-e-s fut alors poursuivi par
les flics anti-émeute jusque dans le Vieux-Nice. Tout
au long de la nuit, de petits groupes de personnes
furent contrôlés par la police. Le 7 au matin, le
"bunker du sommet" -- Acropolis, fut encerclé dès 7h
par de nombreux groupes de manifestant-e-s. Il fut
néamoins impossible de bloquer l'arrivée des
congressistes (plus de 4500 flics mobilisés) et toutes
les tentatives de blocage furent violemment réprimées.
Repoussés par les flics jusque dans les rues
adjacentes, de larges groupes de manifestant-e-s ont
alors construit des barricades et se sont attaqués à
de nombreuses cibles de choix (par le biais de
bombages, de destructions, de sabotages) : une banque
BNP et un concessionaire VOLVO furent incendiés, des
banques, compagnies d'assurance et agences
immobilières furent partiellement détruites.
L'après-midi, un rassemblement de soutien aux
personnes interpellées eut lieu face au commissariat
(proche de la salle Leyrit -- l'un des lieux de
rassemblement) et fut violemment réprimé.  Tout au
long de l'après-midi, des courses-poursuites
continuèrent. Une manifestation du Front National
rencontra des militant-e-s antifascistes, et quelques
personnes furent blessées dans des affrontements,
devant des flics soudainement inactifs. Diverses
actions de sabotage eurent également lieu : 9 banques,
1 magasin Prisunic et 1 restaurant Buffalo Grill
durent être évacués après avoir été attaqués avec un
"concentré de boule-puante". En bref, plusieurs
milliers de francs de dommages et intérêts pour
quelques gros capitalistes en cette journée de
manifestations et d'actions -- autrement plus
revendicatives et efficaces que le défilé sage et
consensuel de la veille. Et si Chirac et Jospin se
sont pressés pour condamner unanimement ces
"violences", elles ne les mettent certainement pas
très à l'aise quand on sait qu'aucune ville ne veut
plus aceuillir l'OMC suite aux turbulences qu'entraîne
inévitablement sa venue. 

Le 7 au soir, un grand nombre de militant-e-s put
repartir, après filtrage policier, en négociant un
ticket avec la SNCF, ce qui fut considérablement plus
facile qu'à l'aller (le but étant de vider la ville de
ses mauvais sujets).

Le 8, quelques manifestations eurent encore lieu, dont
une rassemblant plusieurs centaines de personnes sous
fort contrôle policier devant le palais de justice,
pour soutenir deux militants basques jugés en
comparution immédiate et condamnés à 1 mois de prison
ferme à l'issue du procès !
 
Ci-dessous, voici le tract (réalisé dans l'urgence
puis légèrement modifié) distribué lors du
rassemblement devant la préfecture :
 
A Nice comme ailleurs, le capitalisme se maintient à
coup de matraques
 
Depuis le début de la mobilisation pour aller au
contre-sommet à Nice les militant-e-s qui avait décidé
de revendiquer des trains gratuits ont dû faire face à
une répression très vive. A Paris, les manifestant-e-s
se sont retrouvé-e-s bloqué-e-s dans la gare près de
24 heures après avoir été largement molesté-e-s. Au
Havre, à Nantes, à Dijon, les divers-es
manifestant-e-s ont ainsi pu avoir un avant goût de ce
qui allait se passer à Nice. A Dijon, sous une pluie
de coups de matraques, certain-e-s ont quand même pu
rejoindre les collectifs de Metz et Nancy dans le
train gratuit, alors que d’autres finissaient la nuit
à l’Hopital ou au poste de Police. 

A noter que des opérations "trains gratuits" ont été
réprimées avec l’assistance silencieuse et parfois
même, comme à Marseille, avec la participation active
des troupes syndicalistes CGT et CFDT. A Bordeaux, la
police a tenté à plusieurs reprises de disperser le
rassemblement des manifestant-e-s à la gare par la
force. Pour le sommet européen de l’ordre sécuritaire,
1200 italien-ne-s qui avaient décidé-e-s de se
mobiliser se sont retrouvé-e-s bloqué-e-s à la
frontières et ont pu voir la collaboration des polices
italiennes et françaises en action (bloqué-e-s à la
gare de Vintimille, encerclées par plus de 4000
policiers) . Lors d’un cortège pour aller manifester
devant le Consulat français de Vintimille, les
manifestant-e-s ont été immédiatement chargé-e-s par
la police. Pendant ces affrontements deux personnes
ont été blessées et une a été transportée d’urgence à
l’hôpital. Après 2 jours et demi de bloquages, les
italien-ne-s ont du finir par rebrousser chemin.

Pour la journée d’ouverture des négociations,
plusieurs cortèges ont manifesté dans le centre de
Nice. A l’est, un bloc basque, un bloc mixte Attac et
LCR et un bloc libertaire (No Pasaran, CGT espagnole,
Alternative Libertaire, autonomes) ainsi que de
nombreux individus espagnols, français, italiens ou
corses : pratiquement 4000 personnes réparties sur ces
plusieurs cortèges. A l’ouest, des militant-e-s
d’Attac, de Sud et des Marches Européennes : un bon
millier de personnes en gros. 

Un nombre important de policiers (gardes mobiles, CRS,
civils) a été déployé pour protéger le périmètre de
sécurité autour du centre Acropolis. Pendant la
manifestation qui convergeait à l’endroit ou se tenait
le sommet, les forces de l’ordre ont a plusieurs
reprises gazé copieusement les manifestant-e-s qui
s’approchaient trop près des barrages. Près du lieu du
congrès, une quarantaine de policiers de la BAC
(Brigade Anti-Criminalité) armés de « flashballs »
(pistolets à balle en caoutchouc) ont fait la chasse
aux manifestant-e-s isolé-e-s. Selon le comité
juridique, 63 personnes auraient été arrêtées.

Deux personnes qui prenaient des photos des
agissements policiers se sont faites tabasser et
inculper. (Note : deux basques passés dès vendredi en
comparution immédiate et inculpés d’ « attroupement en
possession d'une arme » -- l'arme en question était un
canif, objet que d'inombrables personnes ont
habituellement sur elles dans la rue-- ont depuis été
condamnés à 1 mois de prison ferme et deux ans
d'interdiction du territoire ! L'Etat français se
venge et utilise sa tactique habituelle : criminaliser
lourdement quelques individus pour l'exemple, en
espérant effrayer les autres).
 
Outre la répression policière, une manifestation
organisée par le FN a donné lieu à des affrontements
avec des manifestant-e-s antifascistes. Le DPS
(service d’ordre du FN) s’en est donné à cœur joie,
sans être quant à lui inquiété, et a chargé des
manifestant-e-s, du coté desquels on déplore plusieurs
blessés.
 
Comme toujours, la seule réponse des divers Etats
européens et de la France en particulier a été de
réprimer par la force le mouvement de contestation et
d'en masquer les intentions en manipulant l'image
médiatique. Rappelons à ce titre qu'en marge du débat
sur les modes d’actions les plus efficaces, le fait de
s’attaquer à des enseignes symboliques du capitalisme,
comme certain-e-s l’ont fait, est une action concrète
et ciblée visant à porter atteinte financièrement aux
multinationales et institutions. Une action dont la
soit-disant violence est totalement incomparable avec
la violence et les destructions exercées dans le monde
chaque jour sur des millions d’êtres par les grandes
multinationales dont les vitrines ont volé hier en
éclat. Massacres, aliénation, famine, asservissement,
discriminations, pollution : c’est toute cette
violence institutionnalisée et bien réelle que nos
dirigeants réunis à Nice organisaient discrètement à
ce sommet et dont les journaux ne disent rien.

La matraque et l’opacité auront été encore une fois
les caractéristiques principales de ce sommet alors
que s’échafaude entre politiques et lobbies financiers
l’avenir de millions d’européen-ne-s.  

Mais nous savons que notre refus radical du
capitalisme est légitime et qu’il est urgent de
trouver des solutions et alternatives à ce système. En
dépit de la brutalité des "Etats-chiens de garde du
capital", le large mouvement de résistance actuel
continuera à croître, à résister et à construire
chaque jour localement un autre monde. 

A bientôt derrière les barricades !


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